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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Michel MONOT  <magui@xxxxxxxx.xxx>
Date: Tue Nov 24, 1998 7:09pm
Subject: Re: réflexion


-----Message d'origine-----
De : Chris. Mathieu cmathi02@c... À : liste PM pedagogie-maitrise@onelist.com
Date : mardi 24 novembre 1998 23:47 Objet : [pedagogie-maitrise] réflexion

  From: "Chris. Mathieu" cmathi02@c...

Bonjour,

Une élève m'a rapporté une fiche qu'elle ne voulait plus faire, je l'ai reposée sur mon bureau avec conviction (comme c'est une très bonne élève, elle m'a expliqué qu'elle avait envie de faire autre chose; elle venait de se rendre compte qu'elle pouvait aller à la biliothèque).  

Sage réaction.

  Dans son sillage, deux autres élèves ont suivi, je ne l'ai pas accepté en leur imposant de continuer le travail commencé; les exercices ont été réalisés sans problème (l'une travaillait sur un exercice le/la/les et l'autre sur un texte de lecture qu'elle a jugé un peu long à lire).

Mimétisme plus que fatigue.

  Je suis à présent tiraillée entre ma pédagogie frontale qui me dit :"Il faut tout de même leur apprendre à aller au bout de leur travail" et ma pédagogie de maîtrise qui me dit: "Ce qu'ils ne font pas aujourd'hui, ils le feront demain."

Leur apprendre à aller au bout de leur travail ?   Les obliger à aller    au bout de leur travail ? Ce n'est pas la même chose, mais il faut composer avec la réalité. Nous cherchons à faire en sorte qu'ils y aillent   seuls, mais nous faisons en sorte qu'il y aillent de toute façon : les enfants sont les enfants et on ne peut leur demander l'impossible. Nous voulons éviter de trop nous substituer à leur volonté défaillante, mais y palier cependant. Position trop louvoyante ?

Deux problèmes soujacents : la permissivité, le frontal Dans les deux cas, pas de réponse simple en OUI ou NON, au risque de déplaire à ceux qui aiment les choses bien carrées, mais plutôt du style OUI, MAIS... non pour plaire à qui que ce soit, mais marce que la réalité est en effet complexe.

1) Permissivité

Ce n'est pas une pédagogie "baba-cool", et encore moins de type "militaire". Entre les deux alors ? Non parce que ces deux cas de figure sont radicalement inconciliables.

C'est plutôt "autre chose".

Nous sommes largement permissifs, mais par nécessité pédagogique et éducative.
      a.. dans le choix du travail à effectuer, pour apprendre à analyser et à s'évaluer
      b.. dans le choix du moment et de la progression dans le travail, pour apprendre à gérer son temps
      c.. plus généralement, dans le choix d'un ordre clair mais négociable,   dans la ligne des remarques de LAUTREY, pour conduire les enfants à s'interroger : Si .... alors..... Une permissivité constructive donc, mais qui se donne des limites : pas de travail à la carte, adapté au niveau supposé de l'enfant.

2) Le frontal

Nous comprenons l'ambition des pédagogies frontales et, d'une certaine manière, nous la faisons nôtre : que tous les élèves, autant que faire se peut,   puissent maîtriser le programme dans les temps voulus. C'est une exigence pour la fin de cycle, pour la fin de l'année, et pour la fin de chaque période de travail.

Mais l'erreur est de croire que cette exigence implique une conduite frontale de la classe. Les profils n'étant pas les mêmes, ni les acquis, ni les rythmes d'apprentissage,   la classe à conduite frontale se révèle souvent décevante, malgré d'évidentes bonnes intentions et une technicité souvent remarquable.

Nous avons renoncé à la conduite frontale pour mieux retrouver une progression relativement frontale de la classe. En jouant d'une séquence particulière qui, pour être nouvelle, n'en récupère pas moins les "ficelles" des bonnes classes à conduite frontale : reformulations, rapels fréquents, etc..

  Qu'est-ce qui peut empêcher l'enfant de ne pas faire les exercices les plus difficiles, de se contenter du plus simple et d'attendre que les trois semaines soient écoulées ?

Je ne prétends pas que cela n'arrivera jamais, mais je dis que nos observations allaient en règle générale dans le sens opposé. Des gosses se mettaient à rechercher le "challenge" alors qu'ils revenaient d'assez loin.

  Cela ne s'est pas encore produit, c'est ce que je crains, mais si tel était le cas, la pédagogie de maîtrise ne serait sans doute pas encore installée dans ma classe.

Je ne partage pas ce pessimisme, même sous forme d'hypothèse. La meilleure des méthodes, la meilleure des classes, ne seront jamais parfaites. Il y aura toujours ici et là des enfants qui continueront à nous poser des problèmes, pour lesquels nous ferons appel au RASED, et parfois sans garantie de succès.

Notre seul critère est : que l'école soit davantage faite pour tous. Et les petits incidents quotidiens , tel celui qu'évoquait ici Christine, nous permettent d'y parvenir toujours mieux.

MM

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