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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Juin

De: Michel MONOT <magui@offratel.nc>
À: Liste PMEV <pedagogie-maitrise@yahoogroups.com>
Objet: [PMEV] Pour les infatigables
Date : lundi 25 juin 2001 06:51

Pour les infatigables comme pour ceux qui sentent fondre leur fatigue à
l'approche des vacances, une petite analyse (parfois critique) d'un
documment du CNED sur l'espace scolaire. S'ils ont encore le courage de
réagir sur un point ou deux, leur avis me sera très précieux.

Merci.

MM
  
Un espace étriqué  
Qui entre dans une classe est frappé du territoire exigu (1) dont disposent les élèves. Une chaise, un bureau, le tout sur une surface de moins d’un mètre carré. Et il est fréquent que dans certaines classes, l’enseignant ne puisse circuler entre les tables, tant le cocon est plein. Qui inventera un jour des bureaux superposés à la manière des lits, peut espérer un marché! Les éthologues ont montré sur les rats, qu’en en disposant un nombre toujours plus grand dans le même espace, se développent des réactions d’agressivité (2). Les difficultés de la communication proviennent aussi des effectifs scolaires. Quel temps de parole (3) est encore possible dans le cas de l’apprentissage d’une langue étrangère avec une classe de première de trente cinq élèves ? Moins de deux minutes évidemment en une heure de cours. (1) Il est difficile de définir les normes souhaitables et, dans ce domaine, le "mieux" n'est jamais un luxe. Sans demander l'impossible, la PMEV a ses propres exigences : elle nécessite un minimum de possibilités de circulation pour accéder dans de bonnes conditions aux fichiers de travail.
Il semble pourtant possible d'avancer - avec prudence - que, à surface égale et effectifs comparables, l'exiguïté des locaux est moins mal ressentie dans les classes PMEV.

(2) Si la PMEV réussit à stabiliser certains élèves, c'est qu'elle les autorise, autant que de besoin, à se lever pour aller changer de fiches. La PMEV préconise en outre, dans certaines situations, des fiches plutôt courtes, car plus vites traitées, qui rendent le travail plus gratifiant et ont ainsi un impact positif sur la motivation. L'expérience montre dans bien des cas que des élèves initialement très "mobiles" tendent à devenir plus stables, à accepter des fiches plus longues. Le bénéfice en termes de réactions d'agressivité est également reconnu et serait même sensible, dans les écoles fortement engagées dans la PMEV, sur le temps des récréations.

(3) Si le temps de parole semble plus important en PMEV que dans une classe ordinaire, c'est que celle-ci, loin d'être totalement libre, est très orientée vers les échanges exigés par l'apprentissage et mieux régulée que dans les échanges verbaux ordinaires..
Un espace pauvre  
Qui parcourt les couloirs d’un établissement secondaire peut se demander s’il ne déambule pas dans un hôpital. Les murs mornes sont ceux qui prêtent le plus à la concentration de l’esprit, semble la maxime de nombreuses écoles, collèges et lycées. Est-il impossible d’espérer des établissements scolaires dans lesquels des statues habiteraient les pelouses, le CDI étant un lieu d’expositions au montage desquelles les élèves auraient participé, les couloirs, des galeries de peintures, de collages, de dessins, de fresques des élèves ? A ne faire exister que des établissements cleans, on attire les tags. A ne réserver les travaux d’élèves que dans le cadre des classes, on fait des établissements des lieux sans saveurs, desquels le contact avec le beau est absent. Ces remarques sur la pauvreté de l'espace ont une valeur très générale qui, dans le cas de la PMEV, doivent être modulées :
1) Le travail relevant strictement de l'approche PMEV, à savoir TI + Bilan, est en lui même peu exigeant et peut se satisfaire de conditions matérielles assez ordinaires.
2) Le travail "périphérique", qui concerne par exemple les élèves les plus rapides, appelle quant à lui des ressources de type BCD ou encore mieux parfois de type "coin lecture".
3)L'amélioration du rendement tend par ailleurs à rendre leur importance à des disciplines parfois négligées : les insuffisances matérielles sont alors d'autant plus ressenties que le travail en PMEV, relativement intensif, appelle des activités équilibrantes.
Un espace impersonnel  
Il est déroutant de visiter une classe d’école maternelle. On y découvre une organisation spatiale riche de significations. Les maîtresses parlent des coins à la maternelle. Le coin peinture, le coin livres, le coin plantations, le coin cuisine... L’espace est pensé et les murs sont riches des productions d’élèves. (1)
Lorsqu’on passe à l’école primaire, les classes ont perdu de leurs spécificités et, dans le meilleur des cas, on trouve un coin documentation et un coin bricolage. Les murs sont fréquemment plus pauvres, mais encore recouverts de productions, les plus achevées, des élèves. L’espace se dépersonnalise. (2)
Quant aux classes de lycée, elles sont fréquemment d’une banalité hospitalière : des murs vierges, des tables alignées. Je ne connais pas de travaux relatifs à l’importance de la personnalisation des lieux de travail dans l’acquisition des savoirs. Et pourtant on sait, par les travaux des éthologues, comment la notion de territoire est forte dans les rapports entre personnes.
(3) On sait aussi, plus empiriquement, l’importance d’un environnement personnalisé pour travailler. Quand l’école envisagera-t-elle que la personnalisation de l’espace scolaire constitue une des conditions facilitantes du travail scolaire? La difficulté d’être élève est liée aux conditions dans lesquelles il convient de travailler, tout autant qu’à la nature du travail. À ne pas réfléchir avec les élèves sur leur espace, la manière de l’aménager, de le rendre le plus proche possible d’un lieu de vie, on accroît la difficulté d’être élève, car on se rend indifférent au cadre de travail
(4) . À être pensé comme un lieu de passage, et non un lieu de séjour, l’école perd de vue les liens dialectiques entre le contenant et le contenu, excluant toute osmose entre les lieux et l’activité des personnes. Ici encore, à ne pas rendre les élèves aménageurs de leur espace, on ne leur permet pas de se sentir à l’école dans un milieu choisi, mais dans un milieu subi parce que contraint.
(5)
(1) Si la PMEV, au plan théorique, puise ses racines dans les apports du courant mastery learning et dans certains propos de Maurice Reuchlin, il est également vrai que sa réalisation pratique s'est parfois inspirée de l'école maternelle : comment faire pour que l'école élémentaire, sans renoncer à sa fonction propre, puisse emprunter au modèle de l'école maternelle certains de ses atouts ?

(2)
Les classes PMEV ne diffèrent pas sensiblement du descriptif ci-contre. Et pourtant, il n'est guère de classes PMEV où l'on ne signale que des élèves répugnent parfois à sortir en récréation… Ces élèves seraient ils peu affectés par la relative pauvreté du "décor" et globalement moins mal en classe que ne laisseraient penser les données de l'éthologie ?

(3)
Il nous semble que les données de l'ergonomie sont ici plus importantes que celles de l'éthologie. La classe est un lieu de travail avant d'être un lieu de vie, et les conditions de travail priment sur les conditions de vie.A trop focaliser sur "la classe, lieu de vie" sans prendre en compte la classe comme lieu de travail, l'école élémentaire chercherait vainement à égaler l'école maternelle sur le plan du confort.

(4)
Sans sous-estimer l'importance du cadre de travail, il nous semble que celui-ci n'est qu'un élément des conditions de travail et qu'il n'est pas le plus important. Ce qui rend difficile le "métier d'élève", ce n'est pas tant le cadre dans lequel il s'exerce que la manière dont il est organisé pour faciliter ou non les apprentissages.

(5)
Si les liens dialectiques entre contenant et contenu ont leur importance, on ne peut se satisfaire de l'opposition entre lieu de passage et lieu de séjour. Répétons le donc : l'école est un lieu où l'on séjourne, mais pour apprendre, et cette fonction doit être prise en compte dans le contenu autant que le simple séjour : le cancre ne regarde pas les murs de la classe, mais l'oiseau qui vole au dehors.
Temps choisi, temps subi, temps contraint .. Si le temps scolaire est par nature un temps contraint, la PMEV réussit cependant à introduire dans ce temps contraint de larges plages de temps choisi. Des plages plus attractives, plus confortables, mais qui ne sont pas des fins en soi : elles répondent d'abord, dans la logique propre de la PMEV, aux exigences d'un apprentissage plus efficace car confortable.

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