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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Avril

De: M. Monot <magui@offratel.nc>
À: <pedagogie-maitrise@yahoogroups.com>
Objet: Re: [PMEV] Re: _Tous_ les enfants, les _mêmes_ fiches ?
Date : jeudi 3 mai 2001 08:04


----- Original Message -----
From: "Antoine Cantais" <Antoine.Cantais@ia59.ac-lille.fr>
To: <pedagogie-maitrise@yahoogroups.com>
Sent: Tuesday, May 01, 2001 6:13 PM
Subject: Re: [PMEV] Re: _Tous_ les enfants, les _mêmes_ fiches ?


| Je voudrais d'abord confirmer ce que beaucoup ont dit à ce sujet et que
| j'avais oublié de mentionner dans mon premier message : la PMEV n'est pas
| le miracle, ne résout pas tous les problèmes mais c'est certainement
| beaucoup "moins pire" qu'un fonctionnement de type frontal.

Que dire ici qui n'ait déjà été dit cent fois. Je ne veux pas faire dans la
frontalo-phobie et je rêve même d'une société où les enfants, au moins, seraient
préservés des inégalités de la société que nous connaissons, où de "bons maîtres
pour tous" sauraient faire des "leçons modèles pour tous" qui donneraient corps
pour de bon au projet de Jules Ferry. Des classes frontales donc, un peu revues
par Knock même, où chacun ferait la même chose au même moment. Qui plus est,
j'ai rencontré de telles classes vitrines et je ne doute pas, à la limite, qu'en
y injectant précocememt un enfant d'extraction modeste, celui-ci n'aurait pas
fait son chemin comme l'avait prévu Ferry. A cette réserve près que pour
généraliser un tel modèle et répondre aux besoins de tous les enfants
d'extraction modeste il faudrait disposer d'un nombre de classes modèles assez
élevé. Et donc renverser, pratiquement, les déséquilibres que nous connaissons
: les "cent familles" ? il s'agirait alors des familles déshéritées. Le monde
n'est pas ainsi fait.

Mais la question fondamentale d'Antoine ne portait pas sur ma "profession de
foi"....

| Une solution que j'envisage pour l'année prochaine et à laquelle je
| réfléchis actuellement est, tout en conservant des périodes de 3 semaines,
| de proposer aux élèves des plans de travail élargis. Je m'explique.

Désolé de ne pas connaitre ta classe ! Les trois semaines, c'est ce à quoi je
renoncerais le plus difficilement, à quelques jours près évidemment, mais je ne
peux jurer de rien sans connaitre la situation. Mais tant qu'il reste le moment
de bilan, on est dans le domaine de l'effet vicariant, de la prise de repères et
de la prise de conscience cognitive, dont je me garderai bien de dire que le
"frontal" fait toujours abstraction. (Pour revenir sur la profession de foi : je
n'ai renoncé à la conduite frontale de la classe que pour mieux retrouver une
progression - relativement - frontale des élèves.)

| Actuellement je leur propose 12 compétences et 3 fiches de travail par
| compétence. Il s'agirait donc d'augmenter le nombre de compétences en y
| adjoignant des compétences plus "faciles", d'avantage de "base", si possible
| correspondant à des besoins repérés dans la classe et d'augmenter le nombre
| de fiches (4 au lieu de 3) pour certaines compétences, la fiche 1 étant
| "facile" et la difficulté allant croissant jusqu'à la 4.

Je suis un peu surpris de voir chiffrer le nombre de fiches de façon aussi
rigoureuse. J'ai toujours compris ces données à titre indicatif, comme un "ordre
de grandeur", tant les fiches peuvent différer en difficulté et donc en temps
de travail. L'essentiel était que les élèves "aient de quoi faire".
Mais ton idée est bonne et tu n'as pas à hésiter. En NC, où nous avions souvent,
surtout au début, des niveaux très hétérogènes, la souplesse était de rigueur :
un jeu de fiches dans un CM2 "pur" pouvait très bien avoir été confectionné en
piochant aussi dans un manuel de CM1 ou de CM2 et même de CE2. Le couper-coller
permettait de dissimuler l'origine de la fiche et d'éviter ainsi les
commentaires à perte de vue : il s'agissait seulement de travailler, d'avancer,
et l'efficacité du bilan permettait assez souvent de voir les plus faibles venir
à bout des fiches de CM2. C'est là que la "longue période" se révèlait
interessante : tel élève "faible" commençait par faire plus ou moins seul une
fiche niveau CE2, mais ce premier travail l'aidait ensuite à recevoir
efficacement, lors du bilan, l'information qui arrivait à propos d'une fiche de
niveau CM1 ou CM2.

| Il s'agirait alors en début de période de discuter avec chaque élève pour,
| suivant cette discussion et la connaissance que j'ai de l'élève, l'orienter
| vers les fiches les plus profitables, celles qui correspondent à un besoin
| (par exemple en définissant des fiches "conseillées", des fiches
| "interdites" et des fiches "possibles").

Je ne veux pas critiquer ici quelque chose que j'ai moi même pratiqué en son
temps, comme tant d'autres, dans le cadre de la pédagopgie Freinet. Ce que tu
définis ici, je crois que cela reste présent en PMEV lorsque nous avons à suivre
un enfant en difficulté d'un peu plus près que les autres. Mais je le vois
aujourd'hui comme une alternative ponctuelle plus que comme une pratique
constante et méthodique, pour une raison assez simple : quoi que nous
connaissions d'un enfant, nous ne pouvons le détailler aussi finement qu'il le
faudrait et c'est lui qui reste encore le mieux placé pour se situer, à
condition bien sûr que notre manière de travailler se prête à cela. Je crois que
Freinet avait bien compris cela, mais qu'il n'a pas su l'expoliquer assez ou
bien que nous l'avons mal compris. "L'enfant aime choisir son travail", et nous
avons compris cela comme une invitation à répondre positivement à ses "envies",
ce qui est d'ailleurs une assez bonne chose bien qu'elle ait porté tort à la
pédagogie Freinet accusée ici de laxisme. Avec le temps, j'ai cru comprendre que
Freinet ne parlait pas tout à fait de ce choix là, mais plutôt de laisser
l'élève choisir le moment où aborder son travail, en fonction de l'idée qu'il a
fini par s'en faire. Et cela bien sûr, grace aux informations qui tombent lors
du moment de bilan.

On me dira que c'est là une lecture très "pmevienne" de la PF, dissidente en
quelque sorte, peut être. Mais l'apprentissage vicariant est un apprentissage
par essence "naturel", et je pense que le mot a manqué à Freinet pour préciser
sa pensée, comme il m'a manqué longtemps pour y voir plus clair dans toutes ces
pratiques abhorées par les uns et prêchées par les autres.

Mais que te dire de plus maintenant, que le message de Gérard Maurice, arrivé
entre temps, n'a pas abordé ??.

| Deux difficultés que je vois poindre avec cette organisation :
| - La lourdeur de la phase initiale de discussion et d'établissement du plan
| de travail
| - La difficulté pour déterminer les besoins de chacun : en effet, comme je
| l'avais déjà évoqué sur la liste, il s'agirait de repérer non pas les
| lacunes de chacun mais les besoins au sens de ce qui n'est pas acquis mais
| quand même du domaine du possible. Pas facile...

Tu as clairement conscience de la difficulté d'une telle tâche, de sa lourdeur
d'une part mais aussi de ses limites. La solution PMEV est "la moins pire" comme
tu le dis très bien, et je l'abandonnerai dès que j'aurauis trouvé mieux.

"... il s'agirait de repérer non pas les lacunes de chacun mais les besoins au
sens de ce qui n'est pas acquis mais quand même du domaine du possible.."

Il y a peut être là quelque chose que je ne comprends pas très bien. Pour
l'instant, je crois comprendre que tu opposes ces lacunes que révéleraient des
tests avec une précision certaine, d'une part, et ces potentialités que les
tests ont du mal à pouvoir identifier. C'est un peu ce que disait Feurstein, qui
situe bien les limites de notre maladie évaluative, et montre aussi notre
difficulté à abandonner notre conception très "enseignante" et "techniciste" du
métier alors que la formulke "l'enfant au centre du système" nous invite à le
faire, du moins dans la lecture que j'en fais : un enfant acteur, sous le
contrôle du maître mais d'abord acteur et non simple élève.

Bien sûr, cette conception doit aussi avoir ses limites et ne pas autoriser
n'importe quoi : le rôle du maître reste ici essentiel, ne serait ce, comme le
soulignait très justement Gérard Maurice, que dans le soin à apporter à la
confection des fiches, dans la manière aussi de traiter ou même à la limite de
"manipuler" le bilan. Mais tout cela n'a en réalité qu'un but : offrir à l'élève
une classe effectivement "porteuse", qui lui permettra de mettre à profit ses
premières bribes de savoir et ses facultés d'analyse. D'autres diraient cela
mieux que moi, mais je n'ai pas d'autre prétention que de chercher à mieux
comprendre ce qui se passe dans une classe.

N'hésite pas à reprendre la discussion.

Bien cordialement,

MM

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