logo ACCUEIL P.M.E.V. HISTOIRE DE FRANCE TICE WINDOWS ASSOCIATION EURO RESSOURCES
La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
Notre cadre de travail...
orange  RETOUR jaune  HISTOIRE DU NORD rouge  eDOCUMENTS vert  DÉFI INTERNET                                                   
Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Avril

De: M. Monot <magui@offratel.nc>
À: <pedagogie-maitrise@yahoogroups.com>
Objet: Re: [PMEV] Fw: _Tous_ les enfants, les _mêmes_ fiches ? A. Cantais
Date : lundi 30 avril 2001 01:24


----- Original Message -----
From: "Antoine Cantais" <Antoine.Cantais@ia59.ac-lille.fr>
To: <pedagogie-maitrise@yahoogroups.com>
Sent: Sunday, April 29, 2001 11:34 PM
Subject: Re: [PMEV] Fw: _Tous_ les enfants, les _mêmes_ fiches ?


| Le message de Nicolas m'interpelle et pose, me semble-t-il, de véritables
| problèmes.
|
| Il est évident qu'un fonctionnement de type "PMEV" sous-entend des
| comportements très "scolaires" chez les enfants. Pas de gâteaux à fabriquer
| à la clé, pas de correspondants avec qui on prépare une rencontre, pas de
| projets liés au TI. Attention, je ne suis pas entrain de dire que la
| solution est dans la pédagogie du projet ! M. Monot a l'habitude de dire
| qu'en PMEV, l'important c'est le projet d'apprendre. Qu'en est-il de ceux
| qui n'adhèrent jamais à ce projet ?

J'ai souvent insisté sur le projet personnel d'apprendre, affirméque la PMEV
vient le soutenir sans pour autant le créer à elle seule, bien qu'elle puisse
réveiller chez les enfants ce besoin d'accomplissement qui peut prendre bien des
formes y compris d'ailleurs "non scolaires".

Pour ce qui est de la pédagogie du projet "en général", je l'avais peu abordé,
entendant me limiter à ce travail spécifique de la matinée de classe consacrée
toutes affaires cessantes à la construction d'un "profil de bon élève", et
laisser surtout à chacun une marge de liberté.

J'avais signalé un heureux "mariage" entre des projets d'écriture plus poussés,
conformes aux exigences des "linguistes" en matière de "catégories textuelles",
et le travail "traditionnel" fiches + bilan de la PMEV. Ces projets d'écriture
avaient déjà des allures de "pédagogie du projet" classique, venant soutenir
d'après ce que j'en sais les projets personnels d'apprendre.

Voir :
www.offratel.nc/expresecrite.htm
qui contient en outre un fichier ZIP en téléchargement

Plus récemment, j'ai signalé la contribution à la future "revue" de Eric
Guillome qui a travaillé en "pédagogie du projet" autour de la course du "Vendée
Globe". Cette contribution est désormais sur le site :
www.offratel.nc/magui/vendglob.htm

Je relève ici sa conclusion :

"Cette démarche était nouvelle dans la classe cette année. Bien qu'elle soit
améliorable, elle est intéressante pour plusieurs raisons:
1) L'aspect projet qui en permettant de mettre du sens aux apprentissages, aide
les enfants à anticiper, s'organiser dans le temps ( travail sur les compétences
transversales )
2) La PMEV qui par sa souplesse et le cadre qu'elle offre a permis aux enfants
de mener à bien ce projet.
- D'une part le TI et le TE qui a permis aux enfants de consolider
leurs compétences nécéssaires pour écrire.
- D'autre part les bilans au travers desquels l'effet vicariant a
joué à plein, permettant aux enfants de confronter et faire évoluer les
représentations et conceptions qu'ils se faisaient d'un tel travail."

| Pour ma part, je ne suis pas en ZEP et la population relativement
| privilégiée de ma classe fait que je ne suis pas confronté aux problèmes de
| Nicolas. Cependant, même dans un tel milieu, d'énormes disparités existent
| quant à la quantité de travail produit. Quand il s'agit d'un problème de
| "motivation" (terme à employer avec prudence) persistant, je peux la plupart
| du temps "utiliser" les parents qui dans ce milieu sont en attente de
| résultats, pour faire pression.

La dispârité dans le travail fourni est toujours importante. Dans les classes
frontales, il est vrai qu'on peut titiller les trainards, mais cela est aussi
possible en PMEV, sous d'autres formes.

| Un autre problème à résoudre est celui des élèves qui produisent beaucoup
| mais avec très peu de réussite (4 ou 5 élèves cette année), ceux pour
| lesquels les aides mises à disposition sont peu ou pas efficaces (le bilan
| par exemple).

Il faudrait essayer de savoir pourquoi car les causes ne sont pas nécessairement
les mêmes pour tous. Retards pris en amont trop importants ? Manque d'attention
? Précipitation pour produire et avancer coûte que coûte ? En principe, nous
avions constaté une diminution du nombre d'enfants répondant "au hasard", ce qui
allait dans le sens de nos préoccupations..Mais les élèves sont ce qu'ils sont :
rien de tout cela ne fonctionne "automatiquement" et il faut hélas avoir l'oeil
à tout, même en PMEV. Nous avions remarqué des élèves qui avaient une avance
importante mais ne pointaient pas leurs fiches pour dissimuler aux autres leur
avance. La compétitivité peut prendre bien des formes, aider les uns et écraser
les autres : il faut avoir l'oeil à tout, ruser, admonester parfois, comme
toujours

Pour eux, comme le dit Nicolas, les "sortir" au moins
| partiellement du plan de travail, leur proposer un travail différent, me
| semble être la seule solution ?

Cela s'est fait. De nombreux messages sur la liste en ont autrefois témoigné.
Mais nous manquons évidemment d'informations suivies. J'imagine que certains ont
pu recoller au peloton, et que d'autres ont continué à peiner. Le potentiel
d'étayage de la PMEV est important, mais ce n'est qu'un potentiel, qui demande
encore beaucoup au maître pour se concrétiser.

J'y réfléchis pour l'année prochaine mais
| cela ne me paraît pas évident compte tenu du travail personnel que je dois
| déjà fournir pour un "simple" fonctionnement en PMEV...

Eternel problème : le plus "simple" est le "couper coller" ou la fiche référence
renvoyant à des exercices précis, selon les préférences de chacun.
Reste aussi le problème de la conception des fiches. Des fiches courtes
répondent bien au problèmes des plus faibles, qui rebondissent de succès en
succès. Des fiches nettement plus difficiles conviennent aux très bons : il
sufit que le meilleur soit capable de la traiter pour que les suivants, grace à
quelques infortmations glanées au bilan, entrent à leur tour dans le jeu. Mais
ces deux principes de conception des fiches restent une référence un peu
"théorique", qui demande dans la réalité des aménagements.
Dans les cas de grande hétérogénité, on peut jouer sur ces deux tableaux, en
comprenant bien qu'on ne peut obtenir le même rendement de tous, même avec les
meilleures intentions, hors bien sûr les cas de "rabotage par le bas".

| Dans son message, Nicolas évoque aussi le rôle du maître trop absorbé à mon
| sens par les corrections pendant les TI. J'ai choisi de différer les moments
| de corrections des cahiers (en dehors des heures de classe... Quel boulot !)
| et comme lui, j'utilise les moments de TI pour aider les élèves.

Je maintiens qu'il vaut mieux pourvoir "corriger" en présence de l'enfant. Nous
nous étions méfiés de l'auto correction chère aux classes Freinet qui dans notre
contexte avait entrainé quelques déboires, mais là encore on peut imaginer une
plus grande souplesse, lâcher un peu la bride avec les forts par exemple, ce qui
est classique.

| Je suis , pour ma part, convaincu que la PMEV est très bénéfique aux "bons"
| élèves, qui ne doivent plus attendre, qui savent parfaitement tirer profit d
| es moments de bilan, des ressources disponibles. Qu'en est-il des élèves "en
| difficulté", des écarts qui les séparent des "bons": j'ai dans ce domaine,
| comme Nicolas, beaucoup moins de certitudes et beaucoup d'interrogations...

J'ai quand même pour ma part quelques certitudes et encore beaucoup
d'interrogations aussi bien sûr. La première des certitudes : l'importance de la
maîtrise du français même le plus "scolaire", qui est loin d'être la règle et
éclaire beaucoup de difficultés personnelles. La seconde : l'importance de la
"clarté cognitive", de l'aptitude à savoir se situer, la nécessité de débiter au
fil des jours des situations de prises de repères qui aident à faire bouger les
"représentations". Le bilan quotidien nous ammène cela presque sur un plateau,
mais je dis bien "presque", car le rôle du maître reste ici essentiel dans sa
discrétion mais aussi dans l'art d'orienter un peu les échanges, d'aider un
élève à préparer son passage au bilan, de garder en mémoire telle ou telle
intervention qu'il peut être bon de réactiver, etc..

| Désolé Nicolas que mon témoignage ne t'apporte pas beaucoup de solutions.

J'en suis moins sur que toi. Nicolas a exposé ses difficultés et il peut déjà
voir qu'il n'est pas le seul à en avoir. Mais pêut être aussi pourra-t-il
trouver dans tel ou tel propos des uns ou des autres tel ou tel "indice" qui,
comme lors du bilan, pourra éventuellement le mettre sur la voie d'une solution
possible. Cela s'est déjà rencontré, et la liste est faite pour ça..

Bon courage à tous les deux.

MM

retour en haut de page

 
Ce site est optimisé pour une consultation en 800x600 et 16 millions de couleurs
©2001 Paul Desette - 31 rue de Clairfayts - 59740 Solre le Château - France