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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Avril

De: M. Monot <magui@offratel.nc>
À: Liste PMEV <pedagogie-maitrise@yahoogroups.com>
Objet: [PMEV] Fw: _Tous_ les enfants, les _mêmes_ fiches ?
Date : dimanche 29 avril 2001 20:26

Message reçu directement de Nicolas mais qui semble bien s'adresser à toute la
liste.

Première réponse par ailleurs.

----- Original Message -----
From: "Nicolas Mimoglou" <nicolas.mimoglou@worldonline.fr>
To: <magui@offratel.nc>
Sent: Sunday, April 29, 2001 1:53 PM
Subject: _Tous_ les enfants, les _mêmes_ fiches ?


| Bonjour,
|
| C'est bien encore moi ! Membre de la liste depuis presque le début, j'ai
| déjà essayé la PMEV dans ma classe de ZEP (à plusieurs reprises) et laissé
| tomber en paniquant devant l'échec (apparent ?) de ce type de travail.
|
| Mes arguments « contre » ?
| La pédagogie PMEV, tout comme la pédagogie Freinet, à mon avis, partent d'
| une responsabilisation de l'enfant. Elles postulent que l'enfant, en venant
| à l'école, comprend qu'il vient pour y travailler. Mais.
| .quand les enfants, qui ont 10 ans, n'ont jamais vu leur père partir au
| travail, comment peuvent-ils avoir envie de travailler ? Pour quelle raison
| ?
| .quand un quart des enfants de la classe vit le divorce de leur parents,
| comment faire pour qu'ils se concentrent au travail plutôt que de rester
| distraits ?
| .quand certains enfants se font battre par leurs parents, comment faire pour
| qu'ils aient envie de s'intégrer à la classe, eux qui ont des besoins
| affectifs immenses ?
|
| De plus, je n'ai toujours pas vu la solution au problème numéro 1 que posent
| les débutants en cette pédagogie (qui, tout comme moi, n'ont pas 10 ou 15
| ans d'ancienneté) : comment faire pour gérer des différences gigantesques
| dans le nombre de fiches réalisées ?
| Je vois des collègues, mais ce fut aussi mon observation, dire qu'entre les
| plus rapides et les plus lents ils constatent des différences allant p.ex.
| de 3 à 20 fiches. J'avoue que devant une telle disparité, je finis toujours
| par paniquer et j'abandonne.
| Qu'une pédagogie Freinet (ou apparentée) arrive à gérer ce genre de
| différence, je le comprends et je peux l'appliquer moi-même. Mais que _tous_
| enfants travaillent sur les mêmes fiches, je ne le comprends pas (j'ai bien
| lu le site de M. Monot !). Si je reprends l'exemple « 3-20 », même en
| insérant des fiches de révision et en simplifiant les fiches à l'extrême,
| pour les enfants qui n'ont fait que 3 fiches pendant une période, il
| faudrait avoir 17 fiches de révision pour la période suivante. Mais, dans ce
| cas, les meilleurs les termineront au bout de 3 jours. Que feront-ils le
| reste du temps ?
|
| J'ai dit que je tente d'appliquer la PMEV depuis 3 ans maintenant. J'ai
| toujours eu des CM1 (ces 4 dernières années, j'en suis à ma 5ème rentrée).
| Il y a 3 ans, le profil de ma classe correspondait bien à cette pédagogie.
| Une trentaine d'élèves, en majorité des filles.
| Un tiers de la classe avait bien envie de travailler, à son rythme. Ces
| enfants ont bien aimé ce type de travail. 3 têtes de classe, plus 7 autres
| très tournés vers les apprentissages. Ces enfants débordaient d'esprit d'
| initiative : une fois leur travail terminé, ils se mettaient immédiatement à
| préparer des exposés, travailler sur ordinateur, écrire des textes pour
| eux-mêmes ou pour le journal, faire du jardinage.
| 3-4 élèves en grande difficulté (problèmes de compréhension car non
| francophones, difficultés de lecture, enfants ayant redoublé). Grâce à la
| PMEV, je pouvais libérer du temps pour les prendre à part et ils ont fait
| beaucoup de progrès.
| Un quart de la classe profitant de la PMEV pour bavarder, ils avançaient
| lentement mais ne se trouvaient pas en difficulté.
| Les autres avançaient à leur rythme. Je me souviens même d'une élève, _très_
| lente à comprendre, qui s'était rendue compte qu'elle se positionnait
| exactement à la moyenne de la classe, prenant son temps pour comprendre,
| alors que, d'habitude, elle était parmi les plus lents (et derniers) de la
| classe.
| Avec cette classe, alors que je débutais en PMEV, les résultats ont été
| assez encourageants.
|
| L'année suivante, changement complet de profil. Toujours une trentaine d'
| élèves.
| Un quart de la classe fait de bons élèves, mais « égoïstes ». Il était hors
| de question d'aller demander de l'aide en public ou d'expliquer aux autres
| comment ils avaient fait. Ils ne voulaient absolument pas aider leurs
| camarades. De plus, quand ils avaient fini leur travail, ils ne voulaient
| rien faire de plus : pas d'exposés ou autre, mais aucun travail
| supplémentaire non plus. Rien que le strict minimum. Enfin, ils
| manifestaient ouvertement devant la classe leur opposition à ce système.
|
| Cette année, enfin, le système n'a pas fonctionné non plus. Pourtant, j'
| avais de grands projets ! Exceptionnellement, cette année, je n'ai que 20
| élèves, une fermeture de classe n'ayant pas eu lieu grâce à la grève
| administrative des directeurs ! De plus, les deux tiers des enfants sont des
| filles (théoriquement plus travailleuses que les garçons). Moi, de mon côté,
| j'avais bien étudié la PMEV en détail, corrigeant beaucoup de défauts d'
| organisation.
| Malheureusement, une fois de plus, mon enthousiasme s'est vite refroidi.
| Je n'ai jamais eu de classe aussi faible. D'abord, il n'y a pas de tête de
| classe (à part un garçon, à l'esprit curieux et ouvert, qui commence depuis
| quelque temps à bien travailler).
| Un quart de la classe avec de sérieux problèmes affectifs et/ou des
| difficultés en lecture.
| Une faiblesse en compréhension de la part d'une bonne moitié de la classe.
| Une passivité quasi générale de la part de tous.
| J'ai finalement préféré (dans certaines matières) un travail où chacun peut
| aller à son rythme, avec la possibilité d'aider ceux qui sont plus lents. De
| mon côté, je prends à part ceux qui sont en grande difficulté.
|
| Finalement, en PMEV ou Freinet (mais je suis conscient du fait qu'il n'y a
| pas que le travail individuel qui constitue l'essence de ces pédagogies),
| travaillant dans une ZEP, je n'arrive pas à rester calme quand je vois les
| écarts se creuser. Au bout de 2 ou 3 périodes, je panique et j'abandonne.
| Mais. je ne perds pas espoir, ayant constaté moi-même l'intérêt de telles
| pédagogies.
| La majorité des témoignages de la liste parle de problèmes ayant trait au
| bilan ou à d'autres parties de la journée en PMEV. Ou encore, ce sont des
| débutants qui expriment leur enthousiasme face aux résultats encourageants
| du début.
| Et ensuite ? Que se passe-t-il ? Est-ce qu'ils continuent à travailler en
| PMEV ? Comment arrivent-ils à gérer les grosses différences de travail des
| enfants ?
|
| Pour récapituler, voici ma question fondamentale :
| Comment gérer le fait que _tous_ les enfants travaillent sur les _mêmes_
| fiches, avec des enfants qui présentent des différences énormes en quantité
| de travail et auxquels il manque beaucoup de pré-requis ?
|
| Je remercie d'avance tous les collègues qui voudront bien donner un peu de
| leur temps pour m'aider à m'en sortir (ainsi que tous ceux qui l'ont déjà
| fait les années précédentes !).
|
| Nicolas Mimoglou
| nicolas.mimoglou@worldonline.fr

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