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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Avril

De: M. Monot <magui@offratel.nc>
À: Liste PMEV <pedagogie-maitrise@yahoogroups.com>
Objet: [PMEV] A propos d'ergonomie
Date : samedi 21 avril 2001 01:05

Mis sur site ce jour :

Le travail de l'enseignant
du point de vue de l'ergonomie Nicole Devolvé et Annick Margot

Constatant que "les réflexions produites en Sciences de
l'Éducation. ont encore des difficultés à apporter des solutions aux
problèmes que rencontrent les enseignants dans leur métier", Nicole
Devolvé, chercheur, et Annick Margot, I.P.R./IA, se tournent vers
l'ergonomie. En bref, expliquent-elles, "l'analyse du travail de
l'enseignant du point de vue de l'ergonomie montre une diversité de
tâches qui peuvent expliquer l'extrême fatigue de certains enseignants
ou la difficulté que certains ont pour atteindre l'objectif qu'ils se
sont fixés avec leurs élèves." Le constat n'est pas nouveau pour nous,
mais nous ne pouvons qu'apprécier une prise de position qui pourrait
faire bouger les choses dans le bon sens.

La revue "Education et Psychologie", qui publie leur article
dans son numéro de Mars 2001, regrette que celui-ci manque de portée
pratique, mais cette réserve, bien que fondée, n'inquiètera pas outre
mesure ceux qui ont depuis longtemps exploré ce même problème de façon
concrète. Ils savent que la solution passe par la prise en compte
simultanée de l'ergonomie sur le poste élève, et ils seront satisfaits
de voir des universitaires et responsables hiérarchiques de haut
niveau prendre enfin date avec ce problème très sérieux qui, sans eux,
resterait dépendant d'initiatives locales.

Il n'est évidemment pas exagéré de dire que les approches
universitaires actuelles, dans leur ensemble, " ne sont pas adaptées
pour améliorer l'efficacité du système de travail " et il est juste de
souligner " la difficulté à transférer les données de la recherche
vers les situations réelles d'apprentissage, et à favoriser leurs
mises en ouvre dans les pratiques." Affirmer que "cette
difficulté est en relation étroite avec les représentations mentales
que les enseignants ont eux-mêmes de la situation d'apprentissage"
nous semble en revanche plus aléatoire et en tout cas incomplet. Bien
des enseignants ont parfaitement conscience de cette difficulté qu'ils
découvrent le plus souvent brutalement à leur "entrée dans la vie
active", et cette prise de conscience n'est pas sans expliquer par
exemple leur engagement dans la pédagogie Freinet dont les
caractéristiques correspondent de très près - au moins
"théoriquement" - au modèle pédagogique qu'elles préconisent. Non pas
le modèle "linéaire" qui est "omniprésent encore, à l'heure actuelle,
dans les manières de penser et dans les représentations implicites et
explicites de la situation d'enseignement", mais dans lequel "la
relation directe au savoir par l'élève, n'existe pas", pas plus que la
"relation dialectique entre l'élève et la personne qu'est
l'enseignant". Ni même le modèle "triangulaire", plus élaboré sans
doute car riche celui-ci en "interactions" mais qui restent très
imparfaites encore car "le contexte n'est pas intégré dans la
définition des interactions." Leur préférence va donc au modèle dit
savamment de "l'interaction complexe", "intégrant l'ensemble des
facteurs contextuels dans l'analyse de ce que fait et subit l'individu
à un moment donné, tel qu'il est développé en ergonomie".

Ce modèle de l'interaction complexe, Annick Devolvé et Annick Margot
le défendent hardiment, et c'est là leur principal mérite, même si
elles l'abordent peu au plan pratique. Mais elles en vantent du moins
les qualités potentielles, allant jusqu'à affirmer que cette approche
systémique de la situation éducative "ouvre des voies intéressantes
pour traiter la situation de travail de l'élève et aussi de
l'enseignant". Elle permet en effet "d'éliminer la fatalité du bon ou
du mauvais élève, du bon ou du mauvais enseignant", ce que nous avions
déjà souvent souligné à propos de la PMEV, car nous pensons avec elles
que "pour faire bien, il faut être bien dans sa situation de travail",
et que "cette affirmation est valable pour tous les acteurs de la
situation d'apprentissage : des équilibres individuels dans le
travail, naîtra un équilibre renforcé pour chacun. Le mieux être de
tous en dépend." Un mieux être sans aucun doute, mais aussi de
meilleurs apprentissages, ceci expliquant cela et réciproquement,
comme il se doit dans une problématique ergonomique.

Promouvoir donc une approche ergonomique des métiers de
l'enseignement, ce qui est d'après les auteurs un problème de
représentations, mais sans oublier, insisterons nous, le versus élève
qui est à notre sens peut être plus "heuristique". Problème de
représentations des enseignants sans doute, pour une part au moins car
nous savons bien en PMEV que nous nous heurtons parfois ou souvent aux
représentations de nos collègues, mais aussi problème de
représentations chez les acteurs "hiérarchiques" ou "administratifs"
qui n'ont pas toujours une perception très juste de la complexité de
la classe.

Mais ne chipotons pas. Citant P. Meirieu qui, dans "La
pédagogie, entre le dire et le faire" rappelle opportunément que "en
pédagogie, dire vouloir faire n'est pas faire et qu'il y a toujours un
décalage entre les deux objets", les auteurs ont visé juste. Et elles
visent juste encore quand elles évoquent "le concept de médiation,
partout présent dans les textes qui parlent de la situation
d'apprentissage en psychologie", tant "l'emprise de l'ouvre de
Vygotski est reconnue comme une des plus importantes du XXe siècle".

Resterait selon nous à battre le rappel encore plus largement,
car Reuchlin nous semble détenir une clé tout aussi précieuse, celle
qui peut jouer le rôle de catalyseur pour déclencher la réaction
qu'elles appellent sans doute de leurs voux. "L'élève, l'enseignant,
dans leur classe gèrent bien entendu un travail à forte exigence
mentale. Mais sa réalisation est dépendante des facteurs qui composent
le contexte dans toute sa généralité." ajoutent-elles encore. Mais ce
travail à forte exigence mentale n'est pas apparu subitement sur les
bancs de l'école, et tout être apprenant, depuis la nuit des temps,
pourrait en témoigner, ce qui donne du poids à cette "hypothèse
Reuchlin" dont nous avons tiré la PMEV.

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