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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Janvier

De: <jacques.bert@infonie.fr>
À: <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: Réponse : [PMEV] Re: De l'artifice du voussoiement
Date : mercredi 10 janvier 2001 21:40

Bonne objection !
Je n'arrivais pas à me déterminer , à poser une limite (sous peine de passer pour un vieux con attardé alors que ce n'est pas ce problème-là qui me tracasse vraiment) qui reste subjective : " Age suffisant ", ça pose problème. Tu m 'as donné une réponse : " Ces enfants ont pris l'habitude en maternelle, et personne n'a par la suite jugé bon de leur imposer le vouvoiement. " J'ai trouvé là une explication. Pourquoi personne ne prend-il la responsabilité d'expliquer à ces enfants qu'à un moment donné, dans notre civilisation, on ne tutoie plus, pour marquer le respect, la distance à parcourir pour être semblable (et pas forcément la domination : d'autres hypocrisies dans la communication marquent d'autres distances bien plus cruelles).
Que le " voussoiement " soit une marque de domination pour certains éducateurs ne fait que marquer une distance qu'ils marqueraient d'autres façons si celle-là n'existait pas. Qu'il soit aussi un mode de communication dans certains milieux ne révèle , à mon avis, qu'un état de fait "hérité" des relations entre parents et enfants à un certain moment de l'histoire, en particulier de gens qui ont cru qu'en achetant des titres de noblesse, ils devenaient des aristocrates.

Mais je ne veux pas que la teneur de mon discours soit mal interprétée : il n'y a pas, pour moi, de mal à marquer une distance entre celui qui sait, qui initie, qui apprend, qui a vécu, et celui qui reçoit ce savoir, cette initiation, cette expérience. Je n'ai aucun complexe à assumer cette " pseudo-supériorité " qui me sert, dans ma pratique pédagogique, à donner envie de progresser à ces futurs adultes. Ceci dit, je suis tout à fait disposé à reconnaître que je me trompe peut-être, mais il me semble que c'est ce qui a donné sens à la carrière de pas mal d'enseignants et d'éducateurs tout au long de l'histoire, et continue à le faire.

Je ne suis pas d'accord pour admettre que cette facilité de tutoiement n'ait pas transformé l'image des maîtres.
Il est évident que la question est culturelle, dans la mesure où certaines cultures ne connaissent pas le vouvoiement (chez les Arabes en particulier). Mais, un jour, un père d'élève très énervé qui me traînait dans la boue et auquel je demandais (poliment) de ne pas me tutoyer, m'avait répondu : " On tutoie ben l'Bon Dieu ! ".. Cela relativise évidemment le problème mais, en ce qui me concerne, il y a longtemps que j'ai tué (symboliquement) mon père et que je n'ai plus maille à partir avec ça.

Quant à mes critiques du système américain, tu mets bien l'accent dessus : les balançoires et les structures à grimper ne comblent pas le vide idéologique. Les moyens matériels ne sont que des moyens, pas des fins. Je regrette de ne pas avoir plus de jeux extérieurs dans mon école, mais le niveau de conscience professionnelle et l'implication de mes collègues me consolent largement et me paraissent plus importants. Ceci dit, je ne veux pas faire de procès à mes collègues américains qui se désolent sûrement de cette situation.


---------- Message d'origine ----------
De : j-p.garcin@mail.dotcom.fr
À : pedagogie-maitrise@egroups.com
Date : 10/01/2001 15:14

Le 10/01/01 14:19, jacques.bert@infonie.fr a écrit :

> En ce qui me concerne, je suis affligé de voir des enseignants se comporter
> comme des moniteurs de colonie de vacances, se laisser tutoyer par des élèves
> d'un âge suffisant pour se voir imposer le vouvoiement de l'adulte et refuser
> d'incarner l'image de savoirs, de savoir-faire (au pluriel) et de savoir-être
> (au pluriel aussi) à atteindre.

Bonjour,

Je pense qu'il y a là amalgame.

Dans certains milieux les enfants vouvoient leurs parents. La qualité de la
relation est-elle pour autant moindre dans les autres ?

"D'un âge suffisant"... Quel est donc cet âge ?
Une de mes collègues de CM2 reprend ses élèves qui osent la tutoyer. Ces
enfants en ont pris l'habitude en maternelle, et personne n'a par la suite
jugé bon de leur imposer le vouvoiement. Il n'y a donc à mon sens aucune
anomalie dans la relation maître-élève fondée sur le tutoiement puisqu'elle
est naturelle.

Au collège, certains profs vouvoient les élèves. J'aurais pour ma part du
mal à le faire pour des gamins d'à peine onze ans...

Tout ceci n'a pas grande importance. Lorsque l'époque imposait le
vouvoiement à l'école, le contrevenant provoquait ; il s'agit surtout donc
qu'une question culturelle. Aujourd'hui, le tutoiement me semble le plus
commun dans les écoles élémentaires ; elles ne se sont pas transformées
consécutivement en centres de loisirs que je sache et l'image des maîtres
n'a rien à y voir.

Je suis par ailleurs assez d'accord avec la teneur générale de ton discours,
bien que l'insistance sur les tares États-Uniennes m'apparaisse toujours
suspect. J'ai par exemple pu constater que la moindre école d'une bourgade
perdue de l'Arizona était dotée de balançoires et de structures à grimper,
autant d'installations rares en élémentaire chez nous ; il est vrai que
l'esprit ne trouve pas là sa nourriture...

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| Jean-Pierre Garcin |
| Courriel : j-p.garcin@mail.dotcom.fr |
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