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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Janvier

De: <jacques.bert@infonie.fr>
À: <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: Réponse : [PMEV] RE: To be or not to be
Date : mercredi 10 janvier 2001 15:19

Commiuniquez-moi votre adresse postale sur ma boîte personnelle (jacques.bert@infonie.fr) et je vous enverrai mon mémoire par la poste.

Je n'avais pas assez de temps pour vous répondre complètement hier, et j'ai donc pris le temps de réfléchir à votre question. Voici donc la suite de ma réponse :

>> Réponse à John Fletcher (suite)

Pour développer et préciser ma pensée, suite à ma première réponse, je pense que la recherche de la facilité et l'indulgence érigées en système n'apportent rien en matière d'éducation. Il me paraît illusoire et pernicieux de laisser croire à un jeune qu'il ne rencontrera aucune difficulté parce qu'il y aura toujours quelqu'un pour les écarter devant lui. Les éducateurs, parents ou enseignants, ne sont pas là pour balayer les cailloux du chemin devant " l'adulte en devenir " mais plutôt pour lui apprendre à lever les pieds pour surmonter l'obstacle, lui donner les moyens de déplacer les blocs à sa portée, ou contourner éventuellement les plus gros. Une éducation basée sur l'économie de l'effort ne peut fabriquer que des assistés permanents, ce qui paraît devenir de plus en plus le cas dans les pays les plus développés.
S'il paraît tout à fait stupide d'imposer des difficultés hors de portée de l'enfant, il me paraît tout aussi stupide de ne lui donner à faire que des choses qu'il sait déjà faire pour lui éviter toute difficulté. (cf. Vigotsky et la "zone proximale de développement").
Je me bats depuis toujours contre certains parents, et contre les élèves qui soufflent les réponses aux autres, en leur disant " Chaque fois que vous faites à la place de votre enfant (ou de votre copain) au lieu de lui expliquer comment faire lui-même, vous lui faites manquer une occasion d'apprendre quelque chose. " (Cf. le proverbe chinois : " Au lieu de donner du poisson à l'homme qui meurt de faim, apprends-lui à pêcher "). On se demande si on n'a pas affaire, dans ce cas, à un mécanisme inconscient de renforcement (au sens behavioriste du terme) du dominant sur le dominé (cela éclaircit une partie de mon propos d'hier).

L'archétype de l'échec en cette matière est le système scolaire américain dont le niveau est le plus bas de tous les pays développés. Les résultats sont à la hauteur, puisque le nombre de thèses produites chaque année est plus important dans la Communauté Européenne qu'aux Etats-Unis, et encore bien plus qu'au Japon (ce qui montre aussi qu'un système trop coercitif n'est pas non plus une solution satisfaisante).
On en voit les suites lorsque les Etats-Unis suppléent à l'indigence de leur système en " achetant " dans d'autres pays les cerveaux qu'ils ne sont pas capables de " produire " eux-mêmes (les Américains sont très attachés à la " productivité " et au " rendement ", mais là… !). Il existe une règle, dénommée " Règle des 80-20 ", utilisée en intelligence artificielle, qui postule qu 'on obtient 80% du résultat visé avec 20% de l'effort total, les 20% restant pour arriver à la perfection nécessitant 80% de l'effort à produire. L'approche américaine, toujours pragmatique, privilégié l'économie, donc les 20% d'efforts. Je ne suis pas peu fier de demander à mes élèves d'essayer d'en faire un peu plus, et je ne crois pas être le seul dans ce cas en France.

En ce qui me concerne, je suis affligé de voir des enseignants se comporter comme des moniteurs de colonie de vacances, se laisser tutoyer par des élèves d'un âge suffisant pour se voir imposer le vouvoiement de l'adulte et refuser d'incarner l'image de savoirs, de savoir-faire (au pluriel) et de savoir-être (au pluriel aussi) à atteindre. Depuis la nuit des temps, l'apprentissage et le compagnonnage, et autres fraternités corporatives font passer l'acquisition de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être par une " initiation " du novice par " l'initié " et cela n'enlève rien - au contraire - à la qualité de la relation qui existe entre eux. Tout simplement parce que la relation n'a rien à voir avec ça, et qu'il s'agit alors de modalités n'ayant rien à voir avec le fond du problème (Que ceux qui ont des troubles de la relation se lèvent !). Cela n'a rien d'archaïque non plus et la PMEV en est un exemple, pour ceux qui la pratiquent (du moins, c'est comme cela que je l'interprète, mais Michel Monot rectifiera si je me trompe).

Pour conclure sur une note humoristique un peu corrosive, je dirais que la faillite d'un type d'éducation comme celui du système américain est révélée par les résultats statistiques des tests d'intelligence appliqués à un grand nombre d'entre eux : l'âge mental moyen de la population américaine est un peu au-dessous de 10 ans. Ce qui explique peut-être que les Présidents américains fassent rédiger leurs discours de manière à ce que le niveau du vocabulaire utilisé ne dépasse pas celui d'un enfant de cet âge.
Ce qui peut paraître affligeant est que la planète soit dominée par un peuple de gamins mal élevés … qui prêche la mondialisation, et soit en mesure de l'imposer.

Jacques Bert
surdoues -info
http://multimania.com/surdouesinfo

P.S : Vous m'obligez à approffondir la connaissance de ma propre langue parce que, maintenant, je vais être obligé de chercher dans un dictionnaire le sens de "apologétique". Loin de vous le reprocher, je vous en remercie : cela résume ma pensée.

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