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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Janvier

De: <jacques.bert@infonie.fr>
À: <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: [PMEV] Reponse a Johne Fletcher : To be or not to be
Date : mercredi 10 janvier 2001 05:51

John Fletcher a écrit :
>---------- Message d'origine ----------
>De : inspect@wanadoo.fr
>À : pedagogie-maitrise@egroups.com
>Date : 06/01/2001 18:02
>J'ai lu cette lettre dans le journal hier :
>J'ai 19 ans, je suis lycéen et j'en ai marre que mes parents me
>poussent au maximum au niveau de mes résultats scolaires.
>Ma mère a vécu; dans un milieu rural très simple et ses parents ne
>I'ont pas forcée à poursuivre des études; donc, aujourd'hui, son
>objectif est de me pousser aux limites de mes capacités, affin que je
>puisse obtenir plus tard un travail convenable et ne pas être sous-
>payé. Elle va me demander, par exemple, une bonne dizaine de fois
>si j'ai bien étudié telle ou telle leçon, ou si j'ai
>bien fait tous mes exercices. Toutes ces remarques répétées à
>I'infini m'exaspèrent.
>Mon père est obnubilé par ma réussite scolaire et me met trop la
>pression. II me répète sans arrêt que si j'ai une mauvaise note dans
>une matière, c'est obligatoirement de ma faute. II ne peut pas
>concevoir que le devoir était très dur. Probablement que c'est le
>rôle des parents, que c'est pour notre bien, mais ils devraient nous
>laisser plus tranquilles quand ils voient que l'on est suffisamment
>mur pour comprendre que I'on travaille pour nous et non pas pour les
>autres.

>Je suis un ex-directeur du collège et du lycée et un inspecteur
>nationale des écoles en Angleterre. Je veux écouter vos histoires,
>vos idées sur l'éducation, la pédagogie, discipline, relevance etc..
>Merci.

>John Fletcher

>Site de mon fils http://callam.free.fr
>Je ne veux pas prendre aucun responsabilité pour son site, sauf qu'il
>n'a que 14 ans.

Réponse :
Je suis enseignant depuis plus de 25 ans et actuellement directeur d'une école de 330 élèves. Accessoirement, (pour les réponses éventuelles à mon intervention), je suis - paraît-il - le héraut (sinon le héros) des E.Q.I .E (phonétiquement, Enfants de Quotient Intellectuel Elevé).
1) - Ce discours " juvénile " ne m'étonne guère. Il me rassure un peu : " Mes parents me poussent au maximum au niveau de mes résultats scolaires " (Je n'ai, personnellement, jamais entendu un enseignant se plaindre de ce type de parents. Depuis plus de 25 ans, j'entends le contraire).

>2) - " Ma mère a vécu dans un milieu rural très simple et ses parents " ne l'ont pas >forcée " à poursuivre des études, donc son objectif est de me pousser aux limites >de mes capacités afin que je puisse obtenir plus tard un travail convenable et ne pas >être sous-payé "
On la comprend, la maman, non ? Et en plus, il justifie la suite, le jeune, c'est-à-dire une forme de coercition qui traduit l'angoisse de voir se reproduire l'avenir " par procuration ", angoisse fondée sur un " avenir passé " peu satisfaisant (Je me souviens d'une boutade concernant des gens dont le potentiel n'avait pu s'exprimer : " Dommage… il avait un bel avenir derrière lui !" )
Finalement, la maman, elle subodore peut-être que son rejeton a peut-être des possibilités que des jeux sociaux (ou des préjugés qu'il admet) l'empêchent d'exploiter... et elle lutte !

> 3 - Elle va me demander, par exemple, une bonne dizaine de fois
>si j'ai bien étudié telle ou telle leçon, ou si j'ai
>bien fait tous mes exercices. Toutes ces remarques répétées à
>I'infini m'exaspèrent. "

Je peux vous avouer, maintenant que la honte est passée, que quand j'étais petit, je mettais une demi-heure à manger ma soupe, et chaque fois que, pendant tout ce temps, mes parents me disaient " Jacques, mange ta soupe ! ". Je répondais, en appuyant ma tête sur mon bras replié, " J'chui fatiguééééé…. ". Et je peux vous assurer, qu'en le disant, je me sentais vraiment fatigué… Pas exaspéré… Fatigué.

>4 - Mon père est obnubilé par ma réussite scolaire et me met trop la
>pression. II me répète sans arrêt que si j'ai une mauvaise note dans
>une matière, c'est obligatoirement de ma faute. II ne peut pas
>concevoir que le devoir était très dur.

Le truc du devoir très dur, je me le suis toujours sorti, sans même avoir besoin de le sortir à mes parents. Je crois que c'est un ressort normal quand on a besoin de justifier par avance (à tort ou à raison) un échec éventuel . On retrouve le même truc dans les échecs aux examens, aux entretiens d'embauche, etc … C'est à la fois une clause de sauvegarde (psychologique) pour le sujet et un bon instrument de progression (quand on l'utilise en dehors de ce qu'on veut laisser croire)..

>5 - Probablement que c'est le
>rôle des parents, que c'est pour notre bien, mais ils devraient nous
>laisser plus tranquilles quand ils voient que l'on est suffisamment
>mur pour comprendre que I'on travaille pour nous et non pas pour les
>autres.

Selon la manière dont se coordonnent les différents acteurs pour se comprendre, il y a une gamme de " jeux d'acteurs " : entre les parents, qui " maternent " leur petit pour (inconsciemment) l'empêcher de s'émanciper, tout en tenant un discours inverse, et le petit qui se rassure avant d'oser " s'envoler ", il y a peut-être toute la marge d'un discours qui tend à faire croire que l'on travaille pour soi en travaillant pour les autres, mais qu'aucun n'a jamais éclairci pour soi.

Jacques Bert
http://multimania.comsurdouesinfo

P.S : Si mon opinion " gauloise " peut vous intéresser, je peux vous envoyer une copie d'un mémoire que j'ai écrit, il y a deux ou trois ans, portant sur une étude comparative entre " Les chefs d'établissements scolaires dans l'enseignement primaire en France et au Royaume-Uni " (en fait, j'ai étudié l'exemple de l'Irlande du Nord, parce qu'il s'opposait vraiment au système français).

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