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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Jean-Paul J OURDAN  <jpjourd@xxxxxxxxxxxxxxxxxx.xxx>
Date: Thu Nov 19, 1998 11:43am
Subject: Re: que faire des cas


Chris. Mathieu a écrit:
  From: "Chris. Mathieu" cmathi02@c...

Rebonjour,

Tu as dit:

  Après 25 ans, j'en suis arrivé à la conclusion que moins on s'en occupe directement et mieux ils avancent. La condition sine qua non pour que cela fonctionne, c'est que ces enfants soient bien intégrés au groupe. L'apport des pairs est alors 100 fois plus efficace que l'apport du maître.(De la maîtresse ?

Je détourne donc ma question première pour te demander comment tu peux obtenir une intégration rapide de deux élèves au moins sur trois? Pour t'aider un peu dans ta réponse, je t'expose rapidement mes deux cas. Ils sont issus tout deux de famille à gros gros problèmes. L'un est élevé par ses grands-parents (après beaucoup de problèmes avec les parents) et l'autre vit dans un village où la renommée de ses ancêtres n'est plus à faire. Pour couronner le tout, ils sont cousins directs. Entre eux deux, il existe déjà de grands griefs. La classe ne les a jamais intégrés. Ce sont deux enfants de CE1 et ils ont toujours connus les élèves de la classe car nous sommes en campagne. Merci de réfléchir pour moi.

Je veux bien réfléchir un peu "avec toi / vous" mais sûrement pas "pour" :-)

Tu me dirais qu'en plus ils ont déjà redoublé le CP, qu'ils ont été suivis en orthophonie,   par un psychologue, par un éducateur, par ...   qu'ils ressembleraient encore un peu plus à ceux que j'ai rencontrés...

A bien y regarder ma réponse n'était pas si différente de celle de Xavier surtout dans ces dernières lignes. Pour faire très gros, il y a d'un côté l'organisation de la classe, la didactique et de l'autre toute la psychopédagogie, le domaine du relationnel enfant/enfants, enfant/enfant , adulte/enfant etc... .

Les deux interagissent. Les difficultés sociales ou psy ferment la   porte aux apprentissages. Les difficultés dans l'apprentissage - échec de plus- ajoutent aux difficultés sociales, relationnelles, psychologiques. C'est le serpent qui se mord la queue.

Il y aurait plusieurs livres à écrire là-dessus. Rassurez vous. Plus tard peut-être.

Un instit ne peut pas "intégrer" un enfant dans un groupe mais peut-être l'enfant pourra-t-il s'intégrer. L'instit peut seulement l'y aider. Comment ?


1°) En évitant de le marginaliser. Comment me direz vous, un instit peut marginaliser un enfant ?   oui, plusieurs méthodes:


1-1. directe par les phrases assassines ... " Cherche pas t'es un con ..." (j'exagère à peine). Par le travail corrigé rendu plein de rayures rageuses couleur sang. Par le soupir désespéré audible de l'entourage de qui on attend plus ou moins la complicité... par les notes sanctions accompagnées des remèdes : "tu n'apprends pas tes leçons", "tu ne travailles pas ..." **Bien sûr, c'est une hypothèse d'école, les instits comme ça n'existent pas :-)**


1-2. indirecte : par les compliments adressés aux bons élèves que l'on cite en exemple, que l'on félicite, que l'on gratifie de bons points :-) et autres bonbons, que l'on envoie au tableau quand ils savent, à côté de qui l'instit aime se retrouver et dans le regard desquels il   trouve toute la satisfaction de l'efficacité de sa pédagogie. Dur dur pour ceux qui n'ont pas ce statut:-) **personne ne se reconnaît, c'est normal **


1-3. perverse: on fait des groupes de niveau toutes matières (je ne parle pas d'activités précises), on ne donne pas le même travail, on ne fait pas la même confiance en étant presque toujours à côté ..., on s'apitoie, on compare à d'autres élèves qui avaient les même difficultés.   N'avez-vous jamais été sur un lit d'hôpital en entendre ces mots de réconfort : "Mon pauvre, tu n'as pas de chance ... c'est comme lui ... il en est mort ..." **je me suis tour à tour reconnu dans chacune de ces situations, que ceux qui se sont dit "merde, merde et merde j'suis moche" se rassurent donc. Que ceux qui se sont dit "moi jamais" s'interrogent s'ils le peuvent ...**


2°) En essayant de corriger aujourd'hui les erreurs qu'on a fait hier et celles qu'on fait les collègues avant hier :-)


2-1 On prend ce qui paraît suspect dans les 3 points ci-dessus et on fait l'inverse...

2-2 On décrète la règle de non-jugement entre élève mais aussi entre enseignant élève. On donne à l'enfant un droit sur son évaluation dès qu'il ne s'agit plus de compter des réponses justes... et on fait la chasse aux "bons élèves" qui nous flattent et qui nous draguent **pas de leur faute, ils font bien leur métier d'élève :-) ** , les spécialistes du "chut..." **qui dégage plus de décibels que tous les autres bruits réunis**, les spécialistes des moqueries, des huées approbatrices ou désapprobatrices etc...
2-3 On fait tout son possible pour s'enlever de la tête ce qui nous a été transmis par les collègues, les copains ou la rue. On conseille gentiment de laisser les pb à la porte pour qu'au moins le temps de classe soit un moment où les enfants en difficultés puissent y échapper, rire, vivre. **mieux vaut limiter les contacts avec les orthophonistes, les psy ...en tous cas en présence de l'enfant. Il faut lui offrir un lieu de "normalité" ...


3°) En essayant avec l'enfant marginalisé un diagnostic... qui lui permette de prendre conscience du pourquoi les copains ne veulent pas de lui. La plupart du temps ils rejettent la responsabilité sur les autres.


4°) En cherchant les situations valorisantes, souvent dans le non-scolaire mais aussi dans le scolaire. C'est parfois possible en faisant référence à un domaine de référence qu'ils connaissent mieux de d'autres de par la profession des parents, des lieux qu'ils connaissent mieux etc...


4 bis) Souvent je n'ai plus corrigé, ignorant les erreurs (bon on sait que c'est bourré de fautes, on va pas en faire un plat, pas question non plus d'entretenir l'illusion) pour ne relever que le positif. C'est plus développé sur le lien pédagogie de mon site. Je crois qu'on est trop attaché à "la tâche" comme si seul un travail juste et la correction de l'erreur pouvait faire progresser l'apprentissage.


5°) En mettant en place une pédagogie type PMEV **on est entre initiés alors on peut utiliser un sigle :-)** même si je ne cacherai pas mon étonnement à voir des effets aussi rapides ...

J'ai souvent attendu un trimestre, voire deux, voire plus pour en mesurer les effets... J'ai souvent dû rectifier le tir, modifier, adapter, m'adapter... peut-être est-ce que comme Mr Jourdain, je faisais un peu de la PMEV sans le savoir :-)

J'oublie plein de trucs... c'était ma récré. Évitez rendre public votre manque d'humour en m'inondant d'insultes :-) Ne prenez rien à la lettre, je n'ai pas de solution. Juste des pistes de recherche.

Je retourne écrire un code barbare qui devrait un jour produire du logiciel :-) L'avantage de la machine et du rapport de l'enfant à la machine, c'est qu'on échappe à bien des difficultés de l'ordre du relationnel... que chacun y trouve son "niveau" sans que cela soit dévalorisant ... J'aimerais pouvoir offrir d'ici quelques temps plein d'outils informatiques pour ces gosses-là, et les autres ...

Plus précisément pour Chris.

Bizarrement, tu donnes plus de réponses que moi dans tes messages quand tu dis "les élèves viennent de me prouver que j'avais tort" ou encore "La classe ne les a jamais intégrés. Ce sont deux enfants de CE1 et ils ont toujours connus les élèves de la classe" ...

Bon courage à tous:-)

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