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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Michel MONOT  <magui@o...>
Date: Mon Nov 16, 1998 0:44am
Subject: Cycles, compétences, etc...


From: "C&N.Berger" nathanael.berger@w...

Bonjour,

*** Je voudrais revenir de nouveau sur les problèmes de niveaux scolaires et de fonctionnement en cycles, pour expliciter ce que j'ai déjà écrit sur le sujet et qui a pu paraitre hasardeux à certains.

Non pas hasardeux au sens péjoratif du terme, comme tu pourrais le craindre. Mais incertain, ou problématique, et c'est évidemment le rôle d'une telle liste de t'envoyer un feed back plutôt que de te laisser assumer seul les difficultés réelles d'une classe à trois niveaux, fussent ils d'un même cycle.

Et c'est d'ailleurs bien difficile : il faudrait pouvoir être sur place, dans ta classe, ce qui est loin d'être le cas. Cela dicte la prudence, mais pas la fuite.

Crois bien qu'on mesure bien tous tes difficultés.

*** J'en suis encore seulement à des hypothèses, mais la réalité les confirme pour l'instant, avec trop peu de recul malheureusement. Mon problème initial est la classe à 3 niveaux.

J'ai tout de suite fait l'hypothèse qu'un enfant de CE2 pouvait réussir des exercices sur une compétence donnée, alors qu'un élève de CM2 pouvait avoir, lui, des difficultés.

C'est une hypothèse dure et un peu extrème, qui correspond à une réalité encore plus dure que nous connaissons bien tous. Mais on ne peut jamais écarter une hypothèse avant de l'avoir testée ou élargie, car elle peut contenir sa propre réponse ou montrer bien sûr que l'on se trouve dans une impasse.

Permets moi ici une parenthèse qui peut contenir des éléments d'analyse.

Lorsque le travail dit "à moyens constants" impose ici ou là des classes à deux niveaux qui sont rarement souhaitées, la tendance est souvent de dire par exemple : on prend les plus vieux du CE2 et on les met au CM1, ce qui fera au moins une classe plus homogène en âges. C'est vrai, mais il y a homogénéité et homogénéité : une homogénéité peut être peu fonctionnelle alors qu'une hétérogénéité peut être fonctionnelle.

Il m'est souvent arrivé de conseiller ici, en fonction d'autres données plus larges, une solution différente : mettre les bons du CE2 avec les CM1. L'expérience montre alors que la classe ainsi organisée peut souvent être traitée à un seul niveau, le dispositif inspiré de Reuchlin aidant.

Ce n'est pas une "bonne" solution, mais elle présente l'avantage de ne pas raboter par le bas et de mettre de bons éléments en situation de stimulation étayée.

La solution la moins pire comme on dit, que je ne m'autoriserais pas si je ne m'imposais pas, versus faibles, de faire aussi dans le même registre.

** Partant de là, j'ai banalisé les niveaux en proposant à tous les mêmes fiches.

C'était un peu problématique, mais tu le savais bien, ce qui autorisait à tenter l'essai en restant vigilant.

Ces mêmes fiches pour tous pouvaient être des fiches à degré, ou des séries de fiches à degré, ce que tu avais d'ailleurs prévu si je m'en souviens bien.

** Je m'attendais un peu à ce que ça ne marche pas, mais à ma grande surprise, la difficulté n'est pas venue de la difficulté propre à la compétence, mais du niveau d'acquisition de la compétence et surtout de la quantité de travail effectuée.

Dommage que l'on ne puisse être dans ce cas là avec toi : des regards croisés, c'est toujours bon, et c'est un peu ce que nous faisons ici, mais a posteriori et ex-cathedra, ce qui ne vaut jamais le in vivo. Mais est quand même mieux que rien.

** Ainsi, la plupart des CE2 ont fait les
fiches faciles sur les fractions, compétence que l'on aurait pu croire hors de leur portée. Mais ils ont fait, pour la plupart, moins de fiches que les CM2, en commençant par les fiches adaptées à leur niveau.

Le contraire serait étonnant : deux ans de travail en plus pour les uns, cela ne peut pas laisser de traces.

** Peut-on réajuster? Dans l'ensemble, puisque les CE2 effectuent moins de fiches et des fiches plus faciles que les CM2, il me faudrait, pour mon prochain "mini-cycle" sélectionner les fiches qui sont accessibles aux CE2, dans l'ensemble des fiches proposées au départ (c'est à dire des fiches de manuels CE2, CM1 et CM2). Je pourrais aussi retrancher à la liste proposée aux CM2, les fiches tirées des manuels de CE2, puisqu'en moyenne, ils arrivent tous à faire ces fiches-là. Si je persiste dans cette voie, je vais assez vite revenir à trois niveaux distincts, en établissant des fiches pour les CE2, d'autres pour les CM1, d'autres encore pour les CM2, même si je peux garder un tronc commun.

Ce serait évidemment contraire à la notion de cycles, contraire surtout à la version un peu bureaucratique que l'on en rencontre parfois, tout en correspondant à la réalité des faits. La notion de cycles n'est pas aussi évidente que cela à traduire en pratique.

Mais ce que tu dis ensuite peut être interessant, et je vais le lire "en pensant tout haut", je veux dire sans vraiment m'avancer de manière conclusive.

*** Le problème, c'est que si je regarde un peu plus finement, je m'aperçois que un ou deux élèves de CE2 ont réussient des fiches lecture CM2. Pourquoi leur enlever la possibilité, à ces deux là, de faire de la lecture de CM2?

Aucune raison, et les obstacles techniques ne sauraient être suffisants si on peut les contourner?

** Par ailleurs, un ou deux élèves de CM2 ont eu des difficultés à faire les fiches sur les accords nom-adjectif, tirées du livre de CE2. Ne serait-il pas bon qu'ils revoient ca?

C'est évident, mais tu ne peux pas …

** Chaque enfant est un cas particulier et je pourrais encore étudier autant de cas de figures que d'enfants.

.. mais tu ne peux pas te transformer en précepteur, et tu es déjà boen gentil de te poser tant de questions.

** En examinant précisément le travail fait par les élèves on voit que les écarts de niveau d'acquisition entre les élèves d'une même classe débordent largement sur les cours des années précédentes ou suivantes. Plus encore, les différences de niveau d'acquisition, pour un même élève, dans différentes compétences débordent souvent de la même façon. En plus clair peut-être, un élève de CM2 se trouvera bien à son aise en CM2 sauf pour les soustractions et l'orthographe lexicale, alors qu'un CE2 sera bien à l'aise en CE2 mais très en avance par rapport à la conjugaison ou la lecture etc...

N'insiste pas dans cette voie. Le trou de la sécu est déjà profond et les grandes vacances sont encore trop loin !

*** Chacun est différent mais a droit, à la sortie, au même niveau d'acquisition.

Pas tout à fait. Je dirais plus tôt : un niveau compatible avec les exigences de l'entrée au collège.

*** On se retrouve bien devant le problème des cycles, grâce auxquels le législateur a voulu donner une solution.

En laissant aux instituteurs le soin de "tirer les plans" comme disaient je crois nos collègues belges de l'école communale les bons villers.

** Pour mettre les cycles en place, en prenant en compte ce que j'ai dit plus haut, et si l'on veut nous même guider les élèves, il va nous falloir évaluer chaque élève dans chaque compétence avant chaque apprentissage, lui proposer un apprentissage correspondant à ces difficultés, et réévaluer le tout pour savoir comment l'ensemble de la classe, chaque élève à son rythme, a progressé. Titanesque travail...

Titanesque travail en effet. Les américains, qui ont fait la fusée Titan jistement, n'ont pas reculé non plus devant ce tyitanesque travail, d'ou une PM couteuse et …peu efficace. Les suisses ont essayé de comprendre pourquoi cela ne pouvait marcher qu'en théorie, et nos pauvres moyens à nous ont finalement trouvé une voie plus réaliste, qui semble vouloir s'ouvrir plus largement grace à cette liste, mais sur laquelle tu est en train de transpirer quelque peu, et moi aussi.

*** Mais si on décide que ce n'est pas exclusivement à nous que revient la tâche de guider l'élève, mais que c'est lui qui va progresser dans un cadre fixé par l'enseignant pour éviter la dispersion, alors ça change tout, et ça devient possible grâce à la PMEV. Rien d'étonnant puisque la PMEV et les textes officiels partagent, semble-t-il, un certain nombre de sources.

Pour fonctionner ainsi, les minis cycles de trois semaines doivent être inclus dans l'année, au cours de laquelle toutes les compétences sont vues à fond. Et surtout, il faut que l'on replace l'année dans un cycle de 2, 3 ou 4 ans selon l'élève, au cours duquel sont acquises toutes les compétences visées.

Ainsi, pendant un mini cycle, les élèves de CE2 abordent les compétences par leurs côtés les plus simples (fiches les plus faciles), mais ils entendent quand même les plus grands au cours du bilan et l'apprentissage vicariant bat son plein. Mais surtout, ces mêmes élèves, s'ils en ont la volonté et les capacité peuvent travailler à fond une compétence quitte à laisser de côté, pour six mois ou un an, une autre compétence. Le fait d'avancer dans le cycle leur permettra tout naturellement de combler leurs lacunes, soit sur une compétence qu'ils n'auront pas auparavant étudier à fond, soit sur l'ensemble d'une compétence. Ce n'est qu'au moment de changer de cycle que l'on devra s'assurer que l'enfant en question maitrise bien tout. Et cela pourra être au bout de 2, 3 ou 4ans.

Ainsi, on travaille réellement sur tout un cycle, et l'avancement d'un élève est bien visible si tant est que l'on évalue ses capacités en fin de mini-cycle. Le fait de travailler sur trois semaines permet de bien cadrer la progression de tous les élèves et permet de garantir des dispersions possibles autrement. Un élève ne pourra pas rester indéfiniment sur les mêmes compétences. Les élèves les plus lents ne feront pas tout et au cours du prochain mini-cycle sur la (ou les) mêmes compétences, on pourra mettre en évidence les progrès. Cette façon de voir relègue "l'arrivée du Tour de France" (cf site M.Monot) en fin de cycle, avec 2 ou 3 ou 4 étapes intermédiaires d'un an. On ne veut pas que tout le monde arrive au même point en trois semaines, ce qui parait tout de même assez difficile, mais en 2, 3 ou 4 ans, ce qui est tout à fait raisonnable. Il faut simplement accepter que tous les enfants progressent à leur rythme dans le cycle. C'est facile de l'admettre, c'est ce qu'on nous demande dans les textes...

Concrètement, cela peut donc se traduire par la sélection de plusieurs compétences à acquérir pendant trois semaines. Chaque compétence est travaillée à l'aide d'activités de difficultés variables tirées de manuels de CE2, de CM1, de CM2 ou tout autre chose. L'ensemble des fiches est proposé à tous les élèves du cycle. Toutes les compétences doivent être travaillées tous les ans. Ainsi, si les CE2 ne font pas toutes les fiches la première année, qu'a cela ne tienne, car on leur demande de tout savoir faire en fin de cycle seulement. Ils ne feront que ce qu'ils savent faire, ce qui sera gagné pour la suite. L'année suivante, ils passeront vite sur ce qu'ils ont déjà vu (mais ils y repasseront quand même pour renforcer leurs acquis) pour attaquer ce qui leur pose encore problème. Evidemment, les activités proposées ne sont pas nécessairement rigoureusement les mêmes d'une année sur l'autre.

L'écueil principal a éviter est de ne pas laisser les enfants en très grosse difficulté faire n'importe quelles fiches sans rien comprendre, auquel cas ils n'avanceraient jamais. Mais je crois pouvoir dire que ces cas là sont très peu nombreux et donc gérables.

Merci par avance de vos remarques.

Continuant à penser tout haut, je vais essayer d'avancer à partir d'une remarque, une seule, car je commence à être fatigué, celle d'un instit qui disait à peu près ceci :

Un élève de CE2 d'un très bon niveau, qui serait issu - c'est presque une redondance - d'un très bon milieu, pourrait entrer en sixième sans crainte d'être ridicule, assuré qu'il serait d'être de surcroît chouchouté par les profs.

Si on décante, à partir de tous les problèmes que tu soulèves, on pourrait imaginer, dans ton cas précis et pour rester dans une pédagogie à visage humain :

1.. Des fiches niveau CE2 copieuses, complétées dans chaque cas d'une ou deux percées sur les niveaux supérieurs. Les percées seraient obligatoire pour les élèves des niveaux concernés, qui pourraient facultativement venir se restaurer dans le lot des fiches de CE2. A leur initiative bien sûr, mais sous le contrôle du maître il va sans dire. Les CE2 se contenteraient de leur niveau, sans qu'il leur soit interdit de jouer de temps à autre dans la cour des grands. Le dispositif peut paraître complexe à l'exposé, mais il me semble relever d'une organisation pratique assez simple à gérer dans le cadre de la période 3S. Précision qui me paraît indispensable à la lecture du casse tête de Nathanael : réduire le nombre de compétences visées, pour obtenir des passages au bilan plus nombreux pour chaque fiche. 2.. Le second volet du dispositif concernerait l'effet "très bon milieu". Il porterait sue la "culture générale" et jouerait d'un système similaire à celui que nous utilisons, vilainement nommé "bombardement culturel". IL prendrait appui sur la bibliothèque de classe, BT incluses, ou sur la BCD, et plus souplement encore sur un fichier de lectures diverses, documentaires souvent (les enfants aiment) mais aussi littéraires. Il serait traité "en libre choix" mais en passage obligatoire au bilan. L'objectif étant de rivaliser, autant que faire se peut, avec l'enrichissement culturel dont bénéficient souvent les enfants des très bons milieux quand leurs parents ne se croient pas dans l'univers de Dallas. J'ai pensé tout haut, et je vais terminer en parlant tout bas, pour renforcer mon second point d'une anecdote authentique qui vaut son pesant de vacherie (féminine) et de connerie (humaine).

J'étais en poste "quelque part en France" et je reçois un jour un coup de fil anonyme :

      a.. Votre instit là bas, elle fout rien.
      b.. Dites moi tout Madame.
      c.. Nanana, nanana..
      d.. Si vous dites vrai, c'est en effet préoccupant. Vous êtes si précise que vous êtes peut être vous même institutrice ?
      e.. Oh non, mais j'ai une amie qui était directrice et qui connaît bien le problème.
      f.. Je n'en doute pas, mais moi je ne connais pas votre nom Madame.
      g.. Faites donc votre travail. Sale boulot, adrénaline, mais il importait d'y voir clair. Je téléphone quand même au principal du CES pour vérifier certains points. C'était une classe de même profil que le tien, en gros.

Renseignements vérifiés, le principal m'affirme : les élèves venant de la classe en question sont plutôt bons et parfois très bons.

J'arrive dans la classe le lendemain en fin de matinée dans le style "je passais par là", à l'improviste mais sans gros sabots.

Classe très calme. A part un ou deux élèves, les autres, en effet, ne f.. rien. Mais ils lisaient. Des livres de bibliothèque. Pendant que les retardataires terminaient leur travail.

C'était sa méthode, IO ou pas : pas trop vite le matin et doucement le soir. Cool sur le peu de travail qu'elle donnait, mais enquiquineuse comme tout sur la lecture : son lot de fiches résumés et de questions/réponses à la main, elle recevait chaque élève à l'issue de chaque chapitre et demandait des preuves. J'en revois un qui aurait bien aimé ailleurs, devant sa télé j'imagine, et qui regardait la maîtresse d'un sale œil. Le fils de ma correspondante peut être ?

Moralité : une direction déchargée l'année suivante.

Ce n'était qu'une anecdote.

Bon courage.

Nathanael Berger
Enseignant Cycle III e-mail perso: nathanael.berger@w...

M. MONOT
E-mail : magui@o... Pédagogie de Maîtrise : http://www.offratel.nc/magui/

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