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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: C&N.Berger  <nathanael.berger@w...>
Date: Sun Nov 15, 1998 7:25pm
Subject: Cycles, competences et niveaux

Bonjour,

Je voudrais revenir de nouveau sur les problèmes de niveaux scolaires et de fonctionnement en cycles, pour expliciter ce que j'ai déjà écrit sur le sujet et qui a pu paraitre hasardeux à certains. J'en suis encore seulement à des hypothèses, mais la réalité les confirme pour l'instant, avec trop peu de recul malheureusement.

Mon problème initial est la classe à 3 niveaux. J'ai tout de suite fait l'hypothèse qu'un enfant de CE2 pouvait réussir des exercices sur une compétence donnée, alors qu'un élève de CM2 pouvait avoir, lui, des difficultés. Partant de là, j'ai banalisé les niveaux en proposant à tous les mêmes fiches. Je m'attendais un peu à ce que ça ne marche pas, mais à ma grande surprise, la difficulté n'est pas venue de la difficulté propre à la compétence, mais du niveau d'acquisition de la compétence et surtout de la quantité de travail effectuée. Ainsi, la plupart des CE2 ont fait les fiches faciles sur les fractions, compétence que l'on aurait pu croire hors de leur portée. Mais ils ont fait, pour la plupart, moins de fiches que les CM2, en commençant par les fiches adaptées à leur niveau.

Peut-on réajuster? Dans l'ensemble, puisque les CE2 effectuent moins de fiches et des fiches plus faciles que les CM2, il me faudrait, pour mon prochain "mini-cycle" sélectionner les fiches qui sont accessibles aux CE2, dans l'ensemble des fiches proposées au départ (c'est à dire des fiches de manuels CE2, CM1 et CM2). Je pourrais aussi retrancher à la liste proposée aux CM2, les fiches tirées des manuels de CE2, puisqu'en moyenne, ils arrivent tous à faire ces fiches-là. Si je persiste dans cette voie, je vais assez vite revenir à trois niveaux distincts, en établissant des fiches pour les CE2, d'autres pour les CM1, d'autres encore pour les CM2, même si je peux garder un tronc commun.

Le problème, c'est que si je regarde un peu plus finement, je m'aperçois que un ou deux élèves de CE2 ont réussient des fiches lecture CM2. Pourquoi leur enlever la possibilité, à ces deux là, de faire de la lecture de CM2? Par ailleurs, un ou deux élèves de CM2 ont eu des difficultés à faire les fiches sur les accords nom-adjectif, tirées du livre de CE2. Ne serait-il pas bon qu'ils revoient ca? Chaque enfant est un cas particulier et je pourrais encore étudier autant de cas de figures que d'enfants.

En examinant précisément le travail fait par les élèves on voit que les écarts de niveau d'acquisition entre les élèves d'une même classe débordent largement sur les cours des années précédentes ou suivantes. Plus encore, les différences de niveau d'acquisition, pour un même élève, dans différentes compétences débordent souvent de la même façon. En plus clair peut-être, un élève de CM2 se trouvera bien à son aise en CM2 sauf pour les soustractions et l'orthographe lexicale, alors qu'un CE2 sera bien à l'aise en CE2 mais très en avance par rapport à la conjugaison ou la lecture etc... Chacun est différent mais a droit, à la sortie, au même niveau d'acquisition. On se retrouve bien devant le problème des cycles, grâce auxquels le législateur a voulu donner une solution.

Pour mettre les cycles en
place, en prenant en compte ce que j'ai dit plus haut, et si l'on veut nous même guider les élèves, il va nous falloir évaluer chaque élève dans chaque compétence avant chaque apprentissage, lui proposer un apprentissage correspondant à ces difficultés, et réévaluer le tout pour savoir comment l'ensemble de la classe, chaque élève à son rythme, a progressé. Titanesque travail...

Mais si on décide que ce n'est pas exclusivement à nous que revient la tâche de guider l'élève, mais que c'est lui qui va progresser dans un cadre fixé par l'enseignant pour éviter la dispersion, alors ça change tout, et ça devient possible grâce à la PMEV. Rien d'étonnant puisque la PMEV et les textes officiels partagent, semble-t-il, un certain nombre de sources.

Pour fonctionner ainsi, les minis cycles de trois semaines doivent être inclus dans l'année, au cours de laquelle toutes les compétences sont vues à fond. Et surtout, il faut que l'on replace l'année dans un cycle de 2, 3 ou 4 ans selon l'élève, au cours duquel sont acquises toutes les compétences visées.

Ainsi, pendant un mini cycle, les élèves de CE2 abordent les compétences par leurs côtés les plus simples (fiches les plus faciles), mais ils entendent quand même les plus grands au cours du bilan et l'apprentissage vicariant bat son plein. Mais surtout, ces mêmes élèves, s'ils en ont la volonté et les capacités peuvent travailler à fond une compétence quitte à laisser de côté, pour six mois ou un an, une autre compétence. Le fait d'avancer dans le cycle leur permettra tout naturellement de combler leurs lacunes, soit sur une compétence qu'ils n'auront pas auparavant étudier à fond, soit sur l'ensemble d'une compétence. Ce n'est qu'au moment de changer de cycle que l'on devra s'assurer que l'enfant en question maitrise bien tout. Et cela pourra être au bout de 2, 3 ou 4ans.

Ainsi, on travaille réellement sur tout un cycle, et l'avancement d'un élève est bien visible si tant est que l'on évalue ses capacités en fin de mini-cycle. Le fait de travailler sur trois semaines permet de bien cadrer la progression de tous les élèves et permet de garantir des dispersions possibles autrement. Un élève ne pourra pas rester indéfiniment sur les mêmes compétences. Les élèves les plus lents ne feront pas tout et au cours du prochain mini-cycle sur la (ou les) mêmes compétences, on pourra mettre en évidence les progrès. Cette façon de voir relègue "l'arrivée du Tour de France" (cf site M.Monot) en fin de cycle, avec 2 ou 3 ou 4 étapes intermédiaires d'un an. On ne veut pas que tout le monde arrive au même point en trois semaines, ce qui parait tout de même assez difficile, mais en 2, 3 ou 4 ans, ce qui est tout à fait raisonnable. Il faut simplement accepter que tous les enfants progressent à leur rythme dans le cycle. C'est facile de l'admettre, c'est ce qu'on nous demande dans les textes...

Concrètement, cela peut donc se traduire par la sélection de plusieurs compétences à acquérir pendant trois semaines. Chaque compétence est travaillée à l'aide d'activités de difficultés variables tirées de manuels de CE2, de CM1, de CM2 ou tout autre chose. L'ensemble des fiches est proposé à tous les élèves du cycle. Toutes les compétences doivent être travaillées tous les ans. Ainsi, si les CE2 ne font pas toutes les fiches la première année, qu'a cela ne tienne, car on leur demande de tout savoir faire en fin de cycle seulement. Ils ne feront que ce qu'ils savent faire, ce qui sera gagné pour la suite. L'année suivante, ils passeront vite sur ce qu'ils ont déjà vu (mais ils y repasseront quand même pour renforcer leurs acquis) pour attaquer ce qui leur pose encore problème. Evidemment, les activités proposées ne sont   pas nécessairement rigoureusement les mêmes d'une année sur l'autre.

L'écueil principal a éviter est de ne pas laisser les enfants en très grosse difficulté faire n'importe quelles fiches sans rien comprendre, auquel cas ils n'avanceraient jamais. Mais je crois pouvoir dire que ces cas là sont très peu nombreux et donc gérables.

Merci par avance de vos remarques.

Nathanael Berger

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