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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Michel MONOT  <magui@xxxxxxxx.xxx>
Date: Sat Nov 14, 1998 7:57pm
Subject: Re: 3 semaines de pratique


Très intéressante remarque qui me permet d'ajuster encore ma réponse d'hier à Christine Mathieu. Il est nécessaire de ne pas   se voiler la face : le cas qu'elle signalait peut exister, et la solidarité implique que l'on mette en garde ce collègue. Sa recherche d'un plus grand confort est normale, mais sa désillusion peut être grande dont nous serions au bout du compte responsables.

Oui, la PMEV peut alléger la tâche des élèves et des maîtres, leur éviter aux uns et aux autres des piétinements inutiles et des tensions qui sont inacceptables quand on doit pouvoir les éviter.

Une réforme de l'enseignement ne peut réussir que si les acteurs du système, mapitres et élèves, y trouvent leur compte, en matière de confort fonctionnel et de rendement des apprentissages.

La PMEV, sur la lancée de Freinet, répond à cette condition mais ne se pose pas pour autant comme une réforme.

Nathanaël évoque   par ailleurs cette "démobilisation personnelle" qu'il a pu connaitre comme tant d'autres sinon tous. Je l'ai rencontrée plus souvent que je ne l'aurais souhaité et je l'ai connue aussi pour moi étant plus jeune et donc fragile au point, comme Elisa, de songer à démissionner. Ne nous voilons pas la face là encore : cela ne devrait pas exister là mais cela existe, qui peut même atteindre des stades beaucoup plus graves.

A cela, certains répondent que les gens "n'ont qu'à" être solides. C'est vrai : l'éducation y contribue, mais aussi la vie, au prix d'épreuves parfois qui peuvent fragiliser d'abord.

Mais il est vrai aussi que les épreuves de la vie   sont déjà assez lourdes à porter pour qu'un système administratif, le notre par exemple, n'en rajoute pas. Le métier d'enseignant est devenu difficile, et celui de chef d'établissement lui même, malgré des avantages raisonnables, n'attire plus : combien manque-t-il de proviseurs en France? Cela se chiffre en centaines si j'ai bon souvenir.

Je n'ai pas la naïveté de penser que la PMEV va venir jouer les solutions miracles et rednre demain les lycées plus habitables, mais je n'exclue pas non plus qu'elle puisse en effet, à terme, apporter un plus.

Mais pour l'heure, je veux seulemlent rappler autre chose, qui tient à la notion de "service public", à la "théorie du service public" telle qu'on l'enseigne à l'E.N.A. parait-il, en théorie au moins, car l'application des grands principes, comme toujours, est une affaire plus délicate.

Je cite un propos saisi au vol lors d'un entretien radiophonique :

"Dans la Théorie du Service Public expliquait ce haut fonctionnaire dont je n'avais pas pu percevoir le nom mais qui était un ancien directeur de l'ENA, la légitimité des interventions de l'Etat repose sur l'idée d'une prestation rendue aux administrés, qu'ils soient acteurs ou utilisateurs du systême, au nom d'une finalité qui est l'intérêt général. Cette légitimité, pour rester crédible, doit être constamment rappelée, défendue, et donc illustrée."

Je vous laisse analyser la formule. J'en retiens, et je n'apprends rien à personne, que nous avons, en tant que fonctionnaires, une presation à rendre aux utilisateurs du système : les élèves bien sur, et leurs parents. Et je sais aussi que la fatique, parfois, la démobilisation personnelle qui peut résulter d'une tâche trop lourde, peuvent faire que la prestation rendue n'est pas celle qui devrait être rendue.

Sanction ? Les inspecteurs sont là pour ça.
Congé ? les docteurs refusent rarement cette "facilité" aux enseignants qu'ils estiment surmenés, affirmant même qu'ils permettent ainsi d'éviter que la prestation due par le service public aux utilsateurs se détériore. Je n'ai pas à en juger. C'est leur affaire, celle de leur Ordre.

Mais ce que disait le propos rapporté va plus loin. Il est question d'une prestation rendue aux administrés (de l'état), qu'ils soient utilisateurs du système ou ACTEURS de ce système.

A bien y réfléchir, c'est une "Théorie"   lourde à porter pour les responsables administratifs mais non moins pour les agents de terrain que sont par exemple les enseignants. Elle   récuse l'image du "fonctionnaire-parapluie", qui cherche d'abord à se couvrir, ce qu'il faut pourtant faire parfois,   comme celle d'une hiérarchie "en position de coureur cycliste" qui baisserait la tête devant les échelons supérieurs mais écraserait les échelons inférieurs. Elle crée évidemment, cette théorie du service public,   plus de devoirs que de droits.

Or, il m'aparait que l'option des I.O. que nous avons privilégiée répond bien à cette théorie, parce qu'elle assure aux utilisateurs du système une prestation de qualité, respectant les rythmes et possibilités des enfants, mais permettant aussi aux maîtres - acteurs du système - de travailler plus intelligemment à mon sens, en se perfectionnant quotidiennement non pas seulement dans l'art de faire des leçons mais dans celui d'analyser et de comprendre les situations pour mieux les gérer, et donc au bénéfice d'une prestation toujours meilleure rendue aux utilisateurs.

Cette option des I.O., dont la PMEV n'est qu'une sorte de mise en forme pratique, un     patchwork un peu systémique tentant de répondre aux contraintes de la gestion de l'hétéroghénéité des élèves et du temps scolaire, est sans doute l'une des meilleures qui soit au regard de la théorie du service public, qui se doit de prendre en compte à la fois les acteurs et les utilisateurs du système.

Répond elle pour autant au problème horaire évoqué   par Nathanael en conclusion ? Au regard de ce que j'ai connu et des témoignages qui m'ont été rapportés, oui. Le lancement de la première période de trois semaine est lourd en temps, bien que le résultat assez immédiatement gratifiant puisse alléger au total et subjectivement l'impression de fatigue. La seconde période est déjà plus "cool". Les nouveaux repères sont pris, la préparation peut s'étaler dans le temps, le problème des corrections se pose autrement, et si le moment de bilan demande une très grande attention, le solde du bilan horaire est déjà plus raisonnable. Les périodes suivantes confirment cette tendance, et la seconde année de pratique encore mieux qui peut réexploiter une bonne partie du matériel de l'année     précédente.

Pourquoi les maîtres engagés ici dans l'opération n'ont ils pas fait marche arrière ?

1) Parce que leur charge est moins lourde, leurs résultats meilleurs, la classe plus détendue.

2) Parce leur image personnelle s'est améliorée chez les parents d'élèves de façon parfois totalement inespérée.

Il vous appartiendra d'en juger vous même en temps opportun.

M. MONOT
E-mail : magui@o... Pédagogie de Maîtrise : http://www.offratel.nc/magui/

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