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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Michel MONOT  <magui@xxxxxxxx.xxx>
Date: Sat Nov 14, 1998 0:10am
Subject: RE: Interactivité ou pas


From: "xavier.marciniak" Xavier.Marciniak@w...

*** Bon, ben voilà, nous sommes ce soir plus de 20 abonnés sur cette liste. Je ne pensais pas que tant de monde serait intéressé par la pratique de cette pédagogie. Michel doit être content.

Et même trente selon ton tout dernier message… j'espère que cela va quand même se calmer !

Content bien sûr, de voir que le travail courageusement expérimenté par les collègues de Nouvelle Calédonie, dans le contexte sensible que vous devinez et souvent dans l'indifférence et l'incompréhension sinon parfois sous les sarcasmes, n'aura pas servi à rien et commence à être reconnu.

Content aussi de voir que les collègues français "en veulent", que leurs problèmes à eux ne sont pas minces non plus mais qu'ils ne baissent pas les bras, ce que les listes Freinet et Béa montraient déjà clairement. J'espère que Allègre ne l'ignore pas et Ségolène non plus : Internet n'est pas un outil pour faire joujou. Le dire aussi - puisque le problème a été posé - aux maires qui pourraient en douter et tenir un peu plus serrés qu'il ne convient les cordons de la bourse que les citoyens alimentent.

*** Moi j'ai déjà une question.

Puisque j'amorce ma première réponse, le dire et le redire : j'ai la chance d'avoir du temps pour répondre mais j'entends bien ne pas être le seul à le faire et ne pas jouer surtout les maîtres penseurs.

Malgré le recul que je peux avoir, je n'ai pas été dans les classes 24 h sur 24 et je n'y suis maintenant plus du tout. Six années de conception et d'expérimentation, c'est bien, mais les choses continuent à bouger et bougeront encore ici comme ailleurs.

Par ailleurs, si nous voulons conduire les enfants à l'autonomie, il est nécessaire que les maîtres le soient et qu'ils le restent, ce qui n'empêche pas la modestie : c'est heureusement le cas. Ma signature vaut profession de foi et le rappellera à chaque message. Elle figurait déjà en exergue sur ma première "note de service" en 90 à Nouméa, et je pense qu'elle a joué son rôle dans le fait que nous soyons en train d'en parler.

Je ne considère pas la PMEV comme une pédagogie nouvelle et originale mais plutôt comme un cadre temporel fonctionnel qui permet aux enfants de mieux apprendre, aux maîtres de conduire leur classe avec plus de souplesse et avec la possibilité, je crois, d'y imprimer leur personnalité plus facilement et plus complètement. A partir de là, pédagogie du projet, pédagogie de l'étonnement, auxquelles notre système emprunte d'ailleurs, logigramme, ADI, mais aussi méthode Boscher ou Bled si vous n'avez rien d'autre, sont évidemment possibles sans restriction, le moment de Bilan permettant de faire flèche de tout bois . Enfin, presque….

C'est ce que je crois avoir toujours constaté ici en Nouvelle Calédonie, mais qui transparaît aussi à travers les messages des colistiers, de Jean Michel Balança, de Nathanaël Berger, de Christophine Mathieu ou d'autres.

*** On débute le matin par 1/2 heure de production de textes,

Au choix de chacun. Notre version est une sorte de variante du TL en plus léger et finalisé différemment, qui a notamment valeur d'entraînement mental.

Imaginée et préconisée de longue date par Bernard BOCQUET, conseiller pédagogique aujourd'hui retraité (à 5O ans ! vu la rigueur du climat calédonien…), cette approche avait trouvé une vigueur nouvelle avec l'introduction du moment de bilan qui lui donne une dimension "vicariante" soutenue. Dimension qui existe par ailleurs lorsqu'on fait lire une bonne production, ou que l'on favorise l'imprégnation par les textes. Rien de nouveau donc, mais fréquence très soutenue.

*** puis 40 minutes environ de travaux individuels puis la phase de bilan. Le matériel didactique est le même (fiches, livres, photocopies) par groupe ( 4) plus le groupe des CM1.

A préciser, ta structure de classe peut avoir des particularités qui m'échappent et qui pourraient être importantes.

*** Une première question à Michel Monot : tu (permets-moi de te tutoyer) n'a pas l'air d'accord sur l'interactivité au moment des travaux individuels, disant que cela peut gêner le moment de bilan.

C'est un risque important, ce n'est pas un parti pris anti interactivité bien entendu, malgré que je l'ai introduite dans mon "lexique critique" sur le site..

C'est une situation que l'on rencontre d'ailleurs aussi dans les classes ordinaires d'une façon à peu près semblable : quand deux élèves ont un aparté intéressant, on leur demande d'en faire profiter toute la classe.

Dans notre système PMEV, la fonction du bilan est si importante que nous tenons à bien la préserver, mais elle ne relève pas seulement de l'interactivité "pure".

D'une part, nous voulons éviter la déperdition de ce qui peut apparaître d'intéressant dans les apartés, et éviter aussi que ces apartés, qui nous échappent en grande partie, ne dérivent vers des formes d'aide intempestives qui diminueraient trop l'effort de certains apprenants.

D'autre part, nous voulons utiliser ce qui découle de interactivité propre au bilan mais qui relèverait plutôt de l'évaluation. En assistant au bilan même sans intervenir, l'enfant peut voir où il en est et faire le point sur ce qu'il sait ou ne sait pas, sur ce qu'il voyait autrement. En somme, parfaire l'analyse des tâches à exécuter. C'est important pour que l'enfant se forge et gère intérieurement son projet d'apprentissage, un point fort de cette approche qu'il faudrait sans doute mieux expliciter.

Les apartés sont peut être moins riches de ce point de vue là, sans être pour autant inutiles au niveau individuel, et il n'est de toute façon pas question de les proscrire intégralement. Il s'agit seulement de les limiter au maximum à ce moment précis de la classe pour les élèves qui travaillent sur l'acquisition des connaissances fondamentales, celles du "noyau dur", pour ne pas risquer des "trous" que l'on pourrait avoir beaucoup de mal à rattraper si on les découvre trop tard.

De toute façon, si tu penses pourvoir gérer ces apartés sans problème, ce qui dépend beaucoup du profil de tes élèves, c'est ton affaire évidemment.

Mais il y a d'autres moments, de toute façon, où ces apartés nous gêneraient moins ou pas du tout, et même, pendant la phase de TI, des types de fiches qui ne nécessiteraient pas de réserves aussi fortes, d'autant qu'elles peuvent parfois inviter les élèves à travailler à deux, par exemple pour des lectures dialoguées, ou pour apprendre une récitation..

Ce que l'on peut dire, c'est qu'aucune de ces deux approches n'est mauvaise, mais qu'elles peuvent avoir tendance à se contrarier l'une l'autre et qu'il faut donc y veiller.

Le problème serait de savoir laquelle convient le mieux dans une situation donnée : compte tenu de notre assez longue expérience, nous mettons l'accent sur le moment de bilan, mais nous n'avons jamais pu mesurer les différences d'intensité entre les deux situations : comme toujours en pédagogie, il reste une large part d'appréciation personnelle.

Nos échanges n'ont pas à fuir les problèmes, mais ils ne doivent pas tourner aux débats moyenâgeux sur le sexe des anges. Ta classe tourne, elle, c'est l'essentiel et tu viens de débuter dans cette approche. Quand tu avanceras tu ajusteras peut être en fonction d'un constat un peu différent et tu constateras alors, peut-être, que ta classe tourne encore mieux : la pédagogie n'est pas une science exacte mais dans deux mois au plus, tu seras un expert, parce que ton expérience, passé le temps de la surprise et de la réorganisation inévitable de quelques repères, souvent infime d'ailleurs, va trouver à se réinvestir dans la PMEF très naturellement.

*** Ok, j'ai commencé comme ça, mais depuis quelques jours, je laisse de nouveau les enfants travailler ensemble (classe en u, avec un groupe d'enfants en difficulté au centre (groupe de 6). Ils peuvent se déplacer et travailler par 2.

C'est évidemment ton droit et je te rappelle encore ma signature mais aussi la citation de Polya sur ma page d'accueil. Très précieuses toutes les deux pour faire des réponses qui paraîtront un peu "normandes" sur les bords, parce que les gens qui cherchent ne font guère que ça en baptisant cela du beau nom d'hypothèse…

Très sérieusement, si tu le fais là encore, c'est sans doute que c'est efficace hic et nunc et que tu l'as constaté, même si tu gommes un peu la dimension individuelle du travail, à laquelle nous tenons, au risque peut être de perdre à certains moments un peu de temps, mais juste ce qu'il faut pour brider l'hétérogénéité.

*** Personnellement, je trouve les bilans plus riches car je laisse les enfants participer au bilan par 2 (ceux qui ont travaillé ensemble). L'intervention au moment du bilan leur devient plus facile.

Si tu trouves le bilan plus riche c'est sans doute qu'il l'est, et je me répète encore. Mais là, j'ai un peu tendance à dire : voilà une nouvelle piste, très sérieuse. Elle ne remplacera pas l'autre, mais elle pourrait bien la compléter très utilement, et même aider certains élèves à entrer dans le jeu lorsque leur timidité est un obstacle réel.

Ceci étant, j'ai cru entrevoir que Nathanaël avait abordé la fin de ton message. Que n'a-t-il pris les choses par le commencement !

Mais de toute façon, j'arrête là pour l'instant, au risque d'avoir laissé un peu de flou. C'est la première fois que j'interviens sur une liste toute neuve, mais t-a-t'on parlé du rodage ?

Bien amicalement,

M. MONOT
E-mail : magui@o... Pédagogie de Maîtrise : http://www.offratel.nc/magui/

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)

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