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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Chris. Mathieu  <cmathi02@xxxxxxxxxxxxx.xxx>
Date: Fri Nov 13, 1998 9:07pm
Subject: 3 semaines de pratique

Bonjour,

Je souhaiterais évoquer un petit problème qui semble vouloir se propager autour de moi. Toutes les personnes (excepté Christophe tout de même) qui ont été convaincues par cette "fameuse pédagogie" dont je leur rebats les oreilles depuis plus d'un mois, ne le sont pas par le fond mais par la forme. J'entends par là: "pas de préparation le soir (sauf toutes les 3 semaines) et peu de correction en dehors de la classe" sont les deux seuls évènements retenus. Et pour limiter encore les difficultés, je le vois ainsi, un collègue pense m'imiter en donnant une somme d'exercices auto-correctifs à faire en trois semaines. Je crains d'avoir donner une très mauvaise image de ma façon de faire.

J'avais pourtant cru comprendre un peu plus que cela. A la lecture des écrits concernant la PMEV, je pensais: -   il faut préparer 45 exercices se rapportant à quelques notions, comment je vais faire ? (J'ai pris trois jours sur les vacances et le tour était joué. Je travaille un peu tous les soirs pour la prochaine période.) - cela devrait pouvoir motiver tout le monde, même les plus réfractaires; je vais créer une dynamique de groupe - je vais sûrement dégager du temps pour m'occuper des plus faibles en lecture et en tout - je vais pouvoir conserver mes niveaux sans problème - je vais pouvoir caser l'histoire, la géographie et les sciences, tout en conservant les arts plastiques Finalement, une solution à mes problèmes d'alors!

Je me posais tout de même beaucoup de questions, comme à chaque fois qu'il faut se lancer d'ailleurs. - Comment les enfants allaient-ils choisir tous ensemble leur fiche? Curieusement, c'était ma principale préoccupation. - Est-ce qu'il fallait que je fasse du bilan une leçon collective? - Les enfants allaient-ils travailler suffisamment à mon goût? - Est-ce que j'avais prévu assez de travail pour 3 semaines ?

Voici comment tout s'est déroulé la première semaine: - Les enfants ont été enchantés. - J'ai proposé une série de fiches de lecture rapide pour étaler le moment du choix des exercices. - J'ai posé quelques questions à M. Monot et mon bilan est en train de devenir un vrai moment. C'était un peu le "souk" à vrai dire. Les élèves étaient déjà un peu habitués à travailler en autonomie, mais là, c'était un peu trop pour eux: une si grande impression de posséder son travail et une motivation très importante en rapport avec la nouveauté. Certains enfants ne faisaient que des maths toute la matinée et les plus faibles avaient tendance à ne pas s'organiser.

La deuxième semaine était déjà beaucoup plus organisée: Les enfants ne pouvaient plus passer deux fois par jour dans la même matière, ils l'ont accepté et en ont compris les raisons. Les plus lents devaient compléter 4 cases par jour; ils se prennent au jeu pour l'instant. Je garde pour le bilan les gros problèmes. Ex: Alicia ne peut pas convertir
9 dm en mm, elle demande de l'aide. Et Clément de lui expliquer 1 dm=10 cm ...

La troisième semaine, ça roule. Les enfants arrivent en classe en petite foulée, Robin veut distribuer les fiches de lecture, sauf aux plus lents qui sont déjà devant le tableau général pour choisir leur exercice. Ce matin, ils étaient déjà au bureau à "piailler" pour l'avoir (le plus facile bien sûr, ils ont fini par les reconnaître à force d'en entendre parler au bilan). Ils viennent beaucoup plus souvent au bureau dès qu'ils n'y arrivent pas. Vanessa a élu domicile sur mon bureau même, pour éviter les aller-retour. Les plus actifs ont presque rempli le tableau, ils sont passés par toutes les colonnes, j'en suis très étonnée. Les CE2 préfèrent faire plusieurs exercices plutôt que d'attendre pour s'en faire corriger un. Pour finir, nous avons abordé la multiplication pour les CE1 au bilan de ce matin, suite à un problème de train que j'ai déjà évoqué, tout s'est très bien passé. Mon seul regret: Elodie ne veut pas faire de lecture car elle pense que c'est très difficile. Cette petite fille lit pourtant bien, mais elle a peur de se lancer. J'ai fait lire par trois élèves des textes de son niveau, mais
cela ne l'a pas influencée.

Je me suis aperçu que si Mathieu lisait très bien, il ne comprenait rien, ce qui le bloquait devant l'obstacle. Sa timidité excessive l'empêche de venir me voir, il ne faisait rien. Il fait désormais parti de mes plus faibles, ceux que je prends en charge dès le matin. Je me suis aperçu que Pauline ne se repère pas du tout sur une feuille simple d'exercices ou dans son livre de mathématiques CE1. Elle ne voit ni les numéros, ni les consignes, ni la page d'ailleurs. Pour toutes ces petites choses qui paralysent nombre d'enfants, j'ai plus de temps, je peux prendre le temps.

En conclusion, il faut se donner un peu de temps pour que cela fonctionne: pour les enfants d'abord et pour sa propre démarche aussi. Il ne faut pas y voir son intérêt personnel, sous peine de passer à côté de quelque chose d'important qui ne mènerait à rien. Et, rassurez-moi, tout ce bel enthousiasme des élèves et de la maîtresse, va perdurer n'est-ce pas ?

A+

Christine Mathieu
Institutrice Ecole d'Hartennes-et-Taux (02) cmathi02@c... www.ac-amiens.fr/ecole02/ecole_hartennes

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