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LITTERATURE au CYCLE III
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DOCUMENT D'APPLICATION DES PROGRAMMES - LITTERATURE au CYCLE III

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De la lecture des oeuvres littéraires à l'écriture

     Le plaisir d'écrire vient naturellement prolonger celui de lire. Les compétences d'écriture sont en grande partie dépendantes de l'accumulation des lectures. Chez la plupart des enfants (comme d'ailleurs chez les adultes), cette relation reste implicite. Il est certainement utile de l'expliciter et de montrer comment, y compris dans la littérature, tout travail d'écriture vient s'appuyer sur le réseau des lectures antérieures. Toutefois, écrire à partir des oeuvres littéraires lues n'est que l'un des axes possibles de l'activité de production de textes. Il complète les activités d'écriture qui naissent des différentes parties du programme et viennent s'ancrer dans les types d'écrit qui en relèvent : récits historiques, biographies, synthèses en histoire, description de paysage en géographie, relations d'expériences en sciences, comptes rendus de discussions en éducation civique, etc. L'un des principes des programmes est d'éviter de faire fonctionner à vide des types de textes que l'on rencontrerait seulement dans le cadre des activités de français et, au contraire, de les accrocher à des situations authentiques d'apprentissage. Dès lors, écrire en relation aux oeuvres lues devient, à proprement parler, l'activité d'écriture principale du champ disciplinaire " littérature ".

     Tous les genres rencontrés peuvent faire l'objet d'un travail d'écriture : la nouvelle, les différents genres romanesques, la poésie, le théâtre, le conte, etc. Il ne s'agit pas de les travailler abstraitement, mais de s'appuyer sur un texte lu pour entrer en écriture. Il appartient à l'enseignant de nourrir le travail des élèves en présentant des textes du même genre qui viennent répondre aux questions successives que se posent les élèves et aux difficultés qu'ils rencontrent. On peut amorcer le travail en se contentant de faire modifier un aspect du texte lu (le lieu, le temps, un personnage, un épisode, etc.). L'expansion ou la réduction d'un texte lu sont souvent des exercices qui structurent fortement l'écriture. On peut, au contraire, lancer les élèves dans la planification d'une écriture nouvelle, mais, cette fois, en ancrant l'effort d'invention dans l'exploration d'un genre : la nouvelle policière, le roman d'aventure, la saynète comique, le scénario, etc...

     Le retour à la lecture permet de comprendre comment fonctionnent les textes, sans jamais entrer dans le vocabulaire technique des spécialistes ni construire des abstractions qui, à cet âge, seraient des obstacles plus que des aides à l'écriture. On peut ainsi tenter de voir comment, dans le texte auquel on retourne, les personnages sont mis en scène. On peut découvrir la variété des procédures de désignation, la distribution en personnages principaux et secondaires. Les élèves peuvent observer la manière dont le texte ou l'image les révèlent ou les masquent, jouent sur leurs ambiguïtés. Suivre un personnage, c'est une expérience de vie par procuration, c'est, d'une certaine façon, s'identifier ou se démarquer, se trouver ou se retrouver, découvrir l'autre... Créer un personnage contribue à relancer cette expérimentation. C'est au moment où il écrit que l'enfant peut comprendre comment fonctionnent les systèmes énonciatifs des oeuvres qu'il a lues : quelle est la place du narrateur ? Quels sont les points de vue défendus dans le texte, dans l'image, et dans leurs relations ? Il peut ainsi choisir consciemment entre les diverses positions possibles du narrateur qu'il aura rencontrées dans ses lectures : narrateur omniscient, récit à focalisation interne, récit à focalisation externe. Le " à la manière de... " est ici, certainement, beaucoup plus efficace que toute désignation complexe des procédés d'écriture, dans la mesure où ce sont des oeuvres qui deviennent les points de repère des différentes modalités d'écriture.

     C'est encore en écrivant que l'élève prend la mesure du rôle et de la place qui sont attribués aux lecteurs dans les oeuvres. Retournant aux oeuvres, il voit que, selon les choix énonciatifs faits, il peut laisser au lecteur une place plus ou moins définie : spectateur, acteur par procuration, complice...

     Les oeuvres choisies dans la liste nationale permettent d'apprécier les effets du traitement particulier du temps. Le lecteur apprend à interpréter l'écart entre le déroulement chronologique des événements (les faits) et le temps du récit (la narration) qui joue des changements de rythme, des variations sur les durées, des retours en arrière, des accélérations, des omissions... Il en est de même pour le traitement des lieux, car l'élève peut explorer dans le texte et dans l'image différents espaces que lui proposent les oeuvres et découvrir, à l'occasion, leurs valeurs symboliques. Ainsi est-il amené à questionner le rapport au réel qui se noue dans le temps et dans l'espace littéraires. En poésie, le pastiche est souvent une amorce efficace : écrire à partir d'une structure formelle répétitive, à la manière de, etc...

     On peut aussi aborder le travail de création de manière ludique (collages, cadavres exquis, contraintes du type de celles qui ont été mises à l'honneur par l'OuLiPo). On peut encore créer des ateliers d'écriture à partir d'une recherche lexicale qui constituera le matériau de l'écriture, ou partir de situations inductives (écoutes musicales, observation d'oeuvres picturales...). Dans tous les cas, le recours aux lectures poétiques permet de nourrir l'effort d'écriture et, à cette occasion, de se lancer dans l'exploration de recueils poétiques complets. Dans tous les cas, l'élaboration du texte met en oeuvre des techniques d'écriture qui ont été détaillées dans les programmes (voir le domaine transversal " Maîtrise du langage et de la langue française "). Il n'est jamais inutile de prolonger l'écriture par une mise en livre des textes produits. Les élèves y découvrent quelques principes de la typographie et de la mise en page. Cette " édition " des textes peut être faite de manière manuscrite ou par l'intermédiaire d'un logiciel de traitement de textes.

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