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LITTERATURE au CYCLE III
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DOCUMENT D'APPLICATION DES PROGRAMMES - LITTERATURE au CYCLE III

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Liste de références des oeuvres de littérature de jeunesse - CONTES

La Petite Sirène

ANDERSEN Hans-Christian
Difficulté de lecture : niveau 3

• La Petite Sirène ­ ANDERSEN Hans-Christian ­ ill. DULAC Edmond ­ trad. MOLAND Louis ­ Corentin ­ 1997 ­ 12,04 €
• La Petite Sirène ­ A
NDERSEN Hans-Christian ­ ill. DIODOROV Boris ­ trad. MOLAND Louis ­ Ipomée-Albin Michel Jeunesse ­ coll. Herbes folles ­ 1998 ­ 14,94 €

Deux versions de ce conte célèbre, richement illustrées, l'une par Edmond Dulac, peintre reconnu, de style pré-raphaélite, l'autre par Boris Diodorov, dont les eaux-fortes aux teintes délicates sont elles aussi de ligne classique.
Le texte de ce conte regorge en effet d'images, de couleurs, de bruits, de sensations, dans les descriptions du Château du Roi des Mers, des princesses de la mer, des sirènes, de la tempête... Après avoir lu et relu le conte dans des situations diverses, les élèves pourront en relever les différentes scènes, les trois univers symboliques (l'eau, la terre, l'air), de façon à les traduire en images, y associer des musiques, pour en proposer leur propre interprétation, exprimer leur sensibilité.
C'est qu'en effet, le personnage de la petite sirène ne laisse pas indifférent : son désir de changer de vie, le prix payé pour la transformation qu'elle a souhaitée la rendent pathétique. Les élèves auront peut-être en mémoire des adaptations du conte proposées par d'autres éditions ou le cinéma et seront à même d'en mesurer les écarts à travers les différentes interprétations.
Enfin, les élèves pourront rechercher et explorer le mythe de la sirène dans L'Odyssée -- Ulysse s'attache au mât de sa nef pour ne pas entendre les sirènes -- mais aussi dans Maman D'lo ( GODARD Axel ­ Albin Michel Jeunesse).


La Petite Fille aux allumettes

ANDERSEN Hans-Christian
Difficulté de lecture : niveau 2

• La Petite Fille aux allumettes ­ ANDERSEN Hans-Christian ­ ill. Lemoine Georges ­ trad. LA CHESNAIS P.-G. ­ Gallimard Jeunesse ­ coll. Folio cadet ­ 1990 ­ 4,59
La Petite Marchande d'allumettes ­ ANDERSEN Hans-Christian ­ ill. Lemoine Georges ­ trad. LA CHESNAIS P.-G. ­ Nathan Jeunesse ­ 1999 ­ 13,5

Dans la nuit de Copenhague, le 31 décembre, une petite fille marche pieds-nus dans la neige. Elle a faim, elle a froid. Elle essaie de vendre des allumettes. Les gens passent, indifférents, pressés de fêter le Réveillon. La petite fille craque une à une ses précieuses allumettes pour se réchauffer et s'évader de cette vie terrible...
Si ce conte tragique fait appel au merveilleux chrétien, son évocation de la société du  XIXe siècle est très réaliste. Dans l'édition de chez Nathan, Georges Lemoine, l'illustrateur, ajoute ses commentaires au texte intégral en situant l'histoire dans le contexte contemporain de Sarajevo en guerre. La mise en réseau des versions intégrales avec d'autres ouvrages qui reprennent le thème du conte d'Andersen, tels que Allumette (UNGERER Tomi ­ École des loisirs ­ 1997), La Petite Fille aux allumettes n'est pas morte (DAVID F. ­ MARIE E. ­ Møtus), permet une réflexion sur la relation image-texte, créatrice de sens. Elle peut également susciter des échanges en classe sur les choix des illustrateurs, la source des interprétations possibles du texte et ses liens avec l'actualité.


Le Mariage de Pucette

BARTHÉLÉMY Mimi ­ Syros Jeunesse ­ coll. Contes nomades ­ 95 pages ­ 6
Difficulté de lecture : niveau 2

Le récit du « mariage de Pucette » sert de fil conducteur à cet ouvrage qui rassemble une dizaine de contes d'Haïti. Les pouvoirs de la magie, du surnaturel mais aussi de l'astuce, de la ruse sont présents dans ces contes.
Les situations, tout en ayant leur originalité propre, peuvent être rapprochées d'autres moments de contes traditionnels. Un travail de comparaison peut être mené, sur les personnages, leur langage, les formules « magiques » utilisées. La lecture de ces contes permet de faire découvrir aux enfants un monde différent, une autre culture.


L'Île dans une bassine d'eau, et autres contes choisis

BECK Béatrix ­ École des loisirs ­ coll. Neuf ­ 202 pages ­ 9,8
Difficulté de lecture : niveau 3

Une quinzaine de contes d'une dizaine de pages chacun montrent un monde différent des contes traditionnels. La magie et la cruauté sont présentes, les personnages sont pareillement typés, cependant les situations sont originales, parfois déconcertantes, souvent fortes émotionnellement.
La lecture de ces contes permet de faire découvrir aux enfants un nouveau traitement narratif des quêtes initiatrices, en leur faisant élaborer, pour chaque conte, la liste des péripéties vécues par les personnages principaux.


Le Poil de la moustache du tigre

BLOCH Muriel ­ GRANDIN Aurélia ­ Albin Michel Jeunesse ­ coll. Petits contes de sagesse ­ 48 pages ­ 6,86
Difficulté de lecture : niveau 2

Ces trois contes courts sont de tradition orientale :
­ Le poil de la moustache du tigre met en scène une jeune femme coréenne qui veut guérir son mari de l'indifférence qu'il témoigne à l'égard de la vie. Le guérisseur lui démontre qu'il est toujours possible de trouver en soi les forces d'agir sur sa destinée.
­ La moustache impériale : qui a osé toucher la moustache de l'empereur mongol? Aucun de ses sujets ne se le permettrait tant l'empereur est redouté de tous, sauf de Birbal, son plus fidèle ami, et le plus perspicace.
­ Quand, qui, quo : un jeune empereur chinois est en proie à des questions métaphysiques auxquelles son entourage ne peut répondre. Il part donc seul et trouve les réponses dans les expériences qu'il va vivre. La lecture de ces récits relève du symbolique (récits métaphoriques proches de la parabole) qu'il conviendra de problématiser au cours d'échanges dans la classe et par la mise en relation de ces trois textes entre eux.


Forêt, racine, labyrinthe

CALVINO Italo ­ MALLART Bruno ­ Seghers ­ coll. Volubile ­ 64 pages ­ 12,96
Difficulté de lecture : niveau 3

Ce conte merveilleux a pour cadre la forêt près de laquelle s'étend le territoire du Roi Clodovée, sa ville. En l'absence du Roi, la marâtre prépare un complot et la fille du Roi, Verveine, cherche à s'enfuir de cette ville morte, sans arbres ni oiseaux, hormis le vieux mûrier dont les racines envahissent la ville. Myrtil, le jeune homme de la forêt, apporte à la ville les fruits de sa cueillette et cherche à revoir la belle jeune fille. La présence de l'étrange oiseau présage les transformations de la forêt en milieu hostile, où l'aérien et le souterrain se mêlent, abolissant les repères, ou en milieu aménagé, dans lequel les branches conduisent à un « passage secret avec les racines du mûrier ». Elle se fait alors complice du Roi, de sa fille et de Myrtil.
Ce texte est l'occasion de parcourir l'univers mythique de la forêt, présent dans les contes, dont on pourra explorer les caractéristiques en constituant une anthologie, avec ou sans production d'images.


Les Fables

ÉSOPE
Difficulté de lecture : niveau 2 à 3

• Les Fables d'Ésope : les plus beaux contes et histoires ­ ÉSOPE ­ Chantecler ­ 2000 ­ 32 pages ­ 8,95 € - La notice de l'éditeur précise : « réécrites dans un langage accessible aux enfants ».
• Fables d'Ésope ­ CLARK Margaret ­ ill. VOAKE Charlotte ­ adapt. SAINT-DIZIER Marie ­ Gallimard Jeunesse ­ coll. Folio cadet ­ 1991-1999 ­ 72 pages ­ 5,50 € - Un auteur américain, différent d'Ésope, est mentionné, ce qui indique qu'il s'agit d'une réécriture contemporaine.
• Fables d'Ésope ­ ÉSOPE ­ ill. MC CLINTOCK Barbara ­ Circonflexe ­ 1999 ­ 48 pages ­ 9,95 - Les fables proposées ne prennent pas en compte l'esthétique de la fable grecque : elles sont en vers, à la manière de La Fontaine.
• Les Fables d'Ésope ­ ÉSOPE ­ ill. KORKY Paul ­ trad. MONCOMBLE Gérard ­ Milan Jeunesse ­ 1997 ­ 76 pages ­ 14,94 € - « Inspirés de l'écrivain grec », dit de ces textes la notice de l'éditeur. Les textes anglais, d'origine, sont déjà des réécritures, et le traducteur en propose une seconde, comme l'indique la page de titre.
• Fables d'Ésope : les animaux ­ ÉSOPE ­ ill. RACKHAM Arthur ­ Corentin ­ 1995 ­ 18,14
Les Fables d'Ésope ­ ÉSOPE ­ ill. BERNAL ­ Mango Jeunesse ­ coll. Contes classiques ­ 1994 ­ 31 pages ­ 3 € - Les fables sont en prose, en langage simple, et terminées par une moralité.
• Fables d'Ésope ­ ÉSOPE ­ ill. ZWERGER Lisbeth ­ Duculot ­ coll. Les albums Duculot ­ 1989 ­ 12,04
Vingt fables d'Ésope ­ ÉSOPE ­ Nord Sud ­ 1980 ­ 48 pages ­ 3,81
Fables d'Ésope et de Jean de La Fontaine ­ ÉSOPE ­ LA FONTAINE Jean ­ ill. SANTORE Charles ­ Livres du dragon d'or ­ 1995 ­ 72 pages ­ 22,56 € - On trouve réunies, dans cette édition, des fables d'Ésope et de La Fontaine.

Ésope est un auteur bien mystérieux, puisqu'on ne sait même pas s'il a réellement existé ou si, sous son nom, ont été rassemblés des textes d'origines diverses. On suppose qu'il était Phrygien, écrivait en grec, et qu'il a vécu six siècles avant Jésus-Christ. En tout cas, les fables qui lui sont attribuées ont donné lieu à des traductions latines dès le second siècle avant Jésus-Christ, déjà destinées aux enfants. Et de nombreux auteurs, par la suite, s'en sont inspiré. La Fontaine, en particulier, a repris, en vers, la plupart des fables d'Ésope, par exemple La tortue et le lièvre, L'oie aux oeufs d'or, La fermière et son pot au lait, Le corbeau et le fromage...
Parmi les éditions proposées par les éditeurs jeunesse, on en choisira une respectant la forme originelle des fables : un texte en prose, un style sans fioritures et une moralité conclusive. En effet, de nombreuses éditions sont plutôt des réécritures contemporaines, prêtant à Ésope des formes de fables plus proches de La Fontaine -- versifiées, au style imagé.
Il est notamment intéressant de comparer les fables d'Ésope à celles de La Fontaine, encore faut-il que leur esthétique soit bien distincte. On fera constater aux élèves qu'un thème commun est traité dans un style différent, que les moralités diffèrent aussi, et que, d'une façon générale, les deux projets littéraires sont sans commune mesure : chez Ésope, toutes les victimes méritent ce qui leur arrive, il s'agit donc du projet d'un moraliste, chez La Fontaine, la satire d'une société prédomine.


L'Épopée du Roi Singe

FAULIOT Pascal ­ HÉNON Daniel ­ Casterman ­ coll. Épopée ­ 140 pages ­ 6,5
Difficulté de lecture : niveau 3

Ce récit épique et parodique peut se lire comme une légende de tradition chinoise illustrant des croyances, avançant des explications sur la formation de l'univers. La transcription proposée est découpée en 24 courts chapitres, de la naissance du Singe, à la découverte du palais souterrain, puis du monde des hommes, à la recherche de l'immortalité... À travers ce périple, ce sont les sentiments humains, les relations entre les Hommes et l'univers, la place de la religion bouddhiste et de la philosophie orientale, qui sont mis en scène grâce au personnage mythologique du Roi Singe. Ce texte est l'objet d'adaptations, de citations dans de nombreuses productions culturelles : bandes dessinées Dragon Ball (Glénat), dessins animés, par exemple. Il se prête à une lecture à voix haute et à des mises en relation avec des contes de sagesse écrits dans le même esprit ou avec d'autres épopées, Ulysse.


L'Oiseau d'Ourdi

GRIMM Jacob ­ GRIMM Wilhelm
Difficulté de lecture : niveau 3

• L'Oiseau d'Ourdi ­ GRIMM Jacob ­ GRIMM Wilhelm ­ ill. ARISMAN Marshall ­ trad. GUERNE Armel ­ Grasset Jeunesse ­ coll. Monsieur Chat-Il était une fois ­ 1983 ­ 8,39 € - Une seule version de ce conte des Frères Grimm existe, éditée isolément d'autres contes.

Il était une fois trois soeurs. La première est demandée en mariage par un veuf, qui lui confie une clé et un oeuf. Il lui recommande de prendre soin de l'oeuf et de ne jamais ouvrir la pièce fermée à clé. Elle transgresse l'interdit, découvre le charnier des épouses assassinées et tache l'oeuf de sang. À son retour, l'homme découvre sa faute et la tue. Il demande alors la main de la seconde soeur, qui fait les mêmes erreurs et subit le même sort. Mais la troisième soeur met l'oeuf à l'abri avant d'ouvrir la porte et ressuscite ses soeurs. Déguisée en oiseau, elle s'enfuit, tandis que le vil époux périt dans les flammes.
C'est le thème de Barbe-Bleue. Les illustrations et leurs références culturelles accentuent encore le côté macabre du récit. On peut faire jouer l'intertextualité avec La Barbe-Bleue de Perrault, dans ses différentes éditions. Et les différences fondamentales entre les deux textes peuvent susciter des questions chez les élèves: quelle est la valeur symbolique de la clé et de l'oeuf? La transgression est-elle une faute ou la condition de l'accès à la connaissance? Qu'est-ce qui fonde le statut de la femme?


Les Six Serviteurs

GRIMM Jacob ­ GRIMM Wilhelm
Difficulté de lecture : niveau 1

• Les Six Serviteurs ­ GRIMM Jacob ­ GRIMM Wilhelm ­ ill. GOLOSHAPOV Serguei ­ trad. NICKLY Michelle ­ Nord Sud ­ 1996 ­ 40 pages ­ 13,57 € - Une seule version de ce conte des Frères Grimm existe, éditée isolément d'autres contes.

Quand une reine, sorcière par ailleurs, s'acharne à mettre des obstacles au mariage de sa fille, un jeune prince ne peut refuser les aides conjuguées de six serviteurs qui lui offrent successivement leurs services.
La composition éditoriale de cet album -- mise en images et découpage du texte -- renforce la structure du conte : entrée en scène des six serviteurs, dont les monstruosités exhibées ouvrent au lecteur un horizon d'attente, réussite du prince aux trois premières épreuves par l'utilisation conjointe des attributs des six serviteurs... deux nouveaux obstacles se présenteront encore avant la résolution finale. L'épreuve est la raison même de ce conte : épreuves que le jeune prince devra franchir pour épouser la belle princesse, mais aussi épreuve que le jeune prince lui fera subir avant de l'épouser. Le jeune lecteur pourra s'interroger sur le système des personnages, l'usage fait dans le conte de la difformité, le contraste et la relativité des dimensions du beau et du monstrueux... Il pourra percevoir le rythme même du conte, orchestré par le nombre des épreuves, l'arrivée des personnages et leur intervention. La lecture d'autres contes des Frères Grimm permettra d'apprécier des convergences d'écriture, la spécificité et les effets de l'illustration.


Quand les hommes savaient voler : contes populaires noir-américains

HAMILTON Virginia ­ DILLON Léo et Diane ­ Sorbier ­ coll. Passages ­ 177 pages ­ 7,93
Difficulté de lecture : niveau 2

Ce recueil comprend quatre séries d'histoires appartenant à des genres différents : contes animaliers, contes facétieux, contes d'énigme de tradition orale. Ces récits sont inspirés par la situation particulière des Noirs-Américains en esclavage (partie 4), tout en portant trace de leur culture d'origine. Le dernier conte, Le peuple noir s'envole, à l'origine du titre de ce recueil, cristallise à la fois le pouvoir du conte et son symbolisme.
Trois pistes de travail peuvent s'envisager en classe :
­ s'entraîner au contage d'un ou plusieurs contes, les textes ayant gardé un style oral ;
­ classer ces contes en fonction des lectures-interprétations effectuées, selon les rôles que jouent les personnages mis en scène ; les mettre en relation avec d'autres contes connus des élèves ;
­ mettre en réseau ce recueil avec des romans réalistes (Trèfle d'or ­ CHABAS J.-F. ; La case de l'oncle Tom ­ Hachette ­ 2002), qui peuvent aider les élèves à se forger une représentation du contexte de l'esclavage des Noirs en Amérique.


L'Horloger de l'aube

HEURTÉ Yves ­ Syros Jeunesse ­ coll. Souriscontes ­ 128 pages ­ 4,9
Difficulté de lecture : niveau 3

Un tyran règne sur la population de Karia et sème la terreur. Il a fait détruire le coq du clocher, celui qui faisait se lever le soleil. Genia, le vieil horloger, résiste et fabrique en secret un nouvel automate. Grâce à son sacrifice, le coq, symbole de la liberté, finira par chanter à nouveau.
Cette histoire sur le thème de la liberté et de son prix est présentée sous deux versions : un conte philosophique et une pièce de théâtre, que l'on pourra comparer, car les moyens et les conventions de ces deux genres sont différents. L'histoire peut aussi se prêter à d'autres réécritures. Par ailleurs, les élèves peuvent interpréter la symbolique de la lumière et mener une réflexion sur le système de valeurs sous-jacent.


Casse-Noisette

HOFFMANN E.T.A.
Difficulté de lecture : niveau 3

• Casse-Noisette ­ HOFFMANN E.T.A. ­ ill. SENDAK Maurice ­ trad. MANHEIM Ralph ­ 1984 ­ Gallimard Jeunesse ­ 1985 ­ 34,30
Casse-Noisette ­ HOFFMANN E.T.A. ­ ill. INNOCENTI Roberto ­ Gallimard Jeunesse ­ 29,73

Comme chacun sait, Noël est un moment magique : Fritz et Marie, les deux enfants de la famille Stahlbaum, ont rangé les cadeaux du parrain Drosselmeier dans l'armoire aux jouets, quand, soudain, tout ce petit monde s'anime. Le Roi des rats fait son entrée, suivi de toute son armée, les jouets menés par Casse-Noisette défendent pied à pied leur territoire, soutenus par la jeune Marie.
Cette oeuvre longue gagne à être lue, alternativement, par le maître ou des élèves, à voix haute ; le texte donne, en effet, la parole au conteur, il présente formulettes et dialogues de personnages, propices à la mise en voix.
On ne peut aborder ce conte sans en approfondir le genre, merveilleux et fantastique.
La version illustrée par Sendak fait largement référence à l'univers du ballet, à l'opéra de Tchaïkovski, à la musique de Mozart et au théâtre. On pourra donc explorer, pour mieux en apprécier les différences ou les continuités, d'autres oeuvres de Sendak et différentes versions illustrées de Casse-Noisette.


Kalila et Dimna : fables choisies

IBN AL -MUQAFFA Abd Allah ­ ALANI Ghani ­ Ipomée-Albin Michel ­ coll. Herbes folles ­ 56 pages ­ 22,71
Difficulté de lecture : niveau 2

Un peu oublié à l'époque moderne, le livre de Kalila et Dimna est un recueil de textes parent des fables et fabliaux. Destiné à l'éducation des princes, il s'inscrit dans une tradition née en Inde et dont l'âge d'or se situe en Perse, vers le VIème siècle. L'oeuvre est ensuite l'objet de nombreuses adaptations en Orient, en Occident et dans les pays arabes. Elle inspira Le Roman de Renart et les fabliaux du Moyen Âge. Les animaux, les philosophes et les religieux sont les personnages principaux de ces fables, proposées dans un beau livre en français et en arabe.
Les élèves pourront découvrir ce classique de la littérature d'éducation et s'informer sur son itinéraire historique et géographique, à partir de la préface. Ils compareront certains des textes aux fables de La Fontaine correspondantes et apprécieront l'esthétique de la calligraphie arabe.


Debout sur un pied

J
AFFÉ Nina ­ École des loisirs ­ coll. Neuf ­ 132 pages ­ 6,7
Difficulté de lecture : niveau 3

Quatorze contes yiddish qui, comme le précise l'introduction, invitent le lecteur « à rivaliser d'intelligence avec les héros et les héroïnes de ces histoires ». Chaque conte propose une situation problème, et le lecteur est incité à trouver la solution avant de lire la conclusion. Par exemple, dans L'affaire de l'oeuf dur, un homme mange un oeuf dur dans une auberge et se rend compte qu'il n'a pas d'argent sur lui. Il ne revient qu'un an après pour payer, mais l'aubergiste affirme qu'il lui doit la valeur de cent poulets : si l'oeuf avait été couvé au lieu d'être mangé, sa progéniture, au bout d'un an, aurait atteint ce volume... La solution, symbolique (c'est Salomon qui la trouve), consiste à planter des haricots bouillis : « S'il est possible de faire naître un poulet d'un oeuf dur, alors il doit être possible de faire une récolte avec des haricots bouillis ! ».


Soundiata : l'enfant-lion

KESTELOOT Lilyan ­ JOLIVET Joëlle ­ Casterman ­ coll. Épopée ­ 108 pages ­ 5,5
Difficulté de lecture : niveau 2

Ce récit nous vient d'Afrique de l'Ouest et donne un aperçu intéressant de la richesse de la littérature orale africaine. Il retrace l'épopée de ce roi, Soundiata, qui après avoir été évincé de son royaume, s'est vengé et a fondé un nouvel empire. Cette légende, enrichie de magie et de bravoure, s'est substituée à l'Histoire elle-même et est enseignée dans les écoles du Mali et du Soudan. Cette épopée peut permettre d'effectuer un travail sur la mémoire des peuples d'Afrique, la place des croyances, le rôle des sorciers et d'établir des comparaisons avec d'autres cultures.


Le Chant des génies

KHÉMIR Nacer ­ OZHUN Emre ­ Actes Sud junior ­ coll. Les grands livres ­ 39 pages ­ 12
Difficulté de lecture : niveau 1

Toutes les nuits, un pauvre paysan va cultiver le champ des génies. C'est évidemment dangereux. Chaque fois que le paysan commence un travail dans le champ, les génies lui demandent ce qu'il fait et, chaque fois, ils l'aident en faisant exactement comme lui : couper les ronces, enlever les pierres, labourer, semer le blé. À chaque apparition, les génies sont deux fois plus nombreux que la fois d'avant. Une nuit, le paysan envoie son fils à sa place. Le fils, qui a faim, mange un épi de blé et tous les génies alors, l'aident : ils mangent tout le blé. Plus tard, la femme du paysan s'arrache les cheveux de chagrin, et les génies l'aident ; ils sont maintenant cinquante et un mille deux cents à s'arracher les cheveux. Le paysan se met à pleurer de tant de malheur. Les génies pleurent aussi. De là, naît un fleuve, le fleuve des génies. Mais les pêcheurs du fleuve ne parlent jamais aux génies.
À partir du cliché du pauvre paysan, le conte s'enfle démesurément, inexorablement, jusqu'à la mort. Le ton est allègre et la situation comique, finalement. Et si le paysan avait été rusé, comment aurait-il pu contrer les génies ? Et si un pêcheur commençait à parler aux génies, que se passerait-il ? Peut-être la femme du pêcheur aurait-elle pu faire quelque chose au lieu de s'arracher les cheveux ? Autant de questions qui peuvent susciter l'écriture des élèves.


Le Chat qui s'en allait tout seul

KIPLING Rudyard
Difficulté de lecture : niveau 1

• Le Chat qui s'en allait tout seul ­ KIPLING Rudyard ­ ill. ANGELI May ­ trad. DUPUIGRENET -DESROUSSILLES François ­ Sorbier ­ coll. Histoires comme ça ­ 40 pages ­ 8 € -
Une seule version de cette histoire existe, éditée isolément des recueils complets des Histoires comme ça.

Il n'existe qu'une édition disponible de cette histoire, seule, au Sorbier, illustrée par des gravures sur bois de May Angeli, comme cela se pratiquait souvent, dans l'édition, à l'époque de Rudyard Kipling. Mais on pourra préférer utiliser une édition complète des Histoires comme ça, ce qui peut permettre une comparaison entre les différentes histoires. Les Histoires comme ça sont disponibles chez quatre éditeurs pour la jeunesse: Delagrave, Gallimard, Hachette, Sorbier. Pour le chat de cette histoire, « un lieu en vaut un autre », il ne se lie donc avec personne et reste indépendant, même si, parfois, il se laisse apprivoiser provisoirement. La symbolique de cette histoire ouvre à un véritable débat philosophique sur la notion de liberté et d'indépendance.
Par ailleurs, Kipling, dans ses Histoires comme ça, utilise fréquemment l'adresse au jeune lecteur -- sa fille, en l'occurrence --, sous la forme de « ma Très Aimée », ou « mon Adorée », ce qui permet de faire découvrir aux élèves cette forme particulière qu'est l'énonciation littéraire.


Comment le chameau eut sa bosse

K
IPLING Rudyard
Difficulté de lecture : niveau 1


• Comment le chameau eut sa bosse ­ KIPLING Rudyard ­ ill. ZWERGER Lisbeth ­ trad. NICKLY Michelle ­ Nord Sud ­ 24 pages ­ 13,57
Comment le chameau acquit sa bosse ­ KIPLING Rudyard ­ Hachette Jeunesse ­ coll. Côté-court ­ 64 pages ­ 1,98
• Comment il poussa une bosse au chameau ­ KIPLING Rudyard ­ ill. ANGELI May ­ trad. DUPUIGRENET-DESROUSSILLES François ­ Sorbier ­ 29 pages ­ 8 €
• Le chameau et sa bosse ­ KIPLING Rudyard ­ Gallimard Jeunesse ­ coll. Enfantimages ­ 24 pages ­ 4,12

Quatre versions de cette histoire existent, éditées isolément des recueils complets des  Histoires comme ça.

« Au commencement des temps, quand le monde était tout neuf et tout ce qui s'en suit, et que les animaux commençaient tout juste à travailler pour l'Homme, il y avait un Chameau qui vivait au beau milieu d'un Désert Hurlant parce qu'il ne voulait pas travailler ». Ainsi commence l'histoire de Rudyard Kipling. Le chameau n'avait pas encore de bosse. Chaque fois qu'on lui adressait la parole, il répondait seulement « Bof ! » (en anglais, la réponse du chameau signifie « bosse », mais il est difficile de trouver un équivalent français !). C'était en particulier sa réponse chaque fois qu'on lui proposait en exemple un autre animal travailleur pour l'inciter à travailler, lui-même, pour l'Homme. Finalement, au bout de trois jours, le génie du lieu fait pousser une bosse sur le dos du chameau. Ce qu'il commente ainsi : « ... tu as manqué ces trois premiers jours. Dorénavant, tu seras capable de travailler trois jours pleins sans manger, parce que tu vivras sur ton "bof" ».
Voici une histoire qui ressemble fort à une fable, à comparer avec celles d'Ésope, par exemple. On peut donc proposer aux enfants de trouver une moralité, voire faire réécrire l'histoire sous forme de fable rimée. Plus simplement, pour qu'ils comprennent pleinement la fin de l'histoire, on leur proposera des documentaires sur le chameau, afin qu'ils cherchent des informations sur le rôle fonctionnel des bosses, et distinguent le chameau du dromadaire, ce que ne fait pas Kipling.
Un débat sur la symbolique de l'histoire peut être aussi le bienvenu. Apparemment, le chameau est un paresseux. Mais quand on prend en compte le fait que les animaux travaillent pour l'Homme, le chameau peut fort bien être perçu, sous son apparence flegmatique, comme un révolté.


La Belle et la Bête

LEPRINCE DE BEAUMONT Jeanne-Marie
Difficulté de lecture : niveau 3


• La Belle et la Bête ­ LEPRINCE DE BEAUMONT Jeanne-Marie ­ ill. CLASAUER Willy-MASSIN Laure ­ Gallimard Jeunesse ­ coll. Folio cadet ­ 2002 ­ 5,5 €
• La Belle et la Bête ­ LEPRINCE DE BEAUMONT Jeanne-Marie ­ ill. CLAVELOUX Nicole   ­ Être ­ 2001 ­ 23 €
• La Belle et la Bête ­ LEPRINCE DE BEAUMONT Jeanne-Marie ­ ill. DUGAS Denis-LEMOINE Georges ­ Hachette Jeunesse ­ coll. Livre de poche Jeunesse ­ 2001 ­ 4,50


Pour sauver son père, la Belle accepte d'être l'otage de la Bête, jusqu'au jour où elle s'aperçoit que, derrière le masque du monstre, vit et souffre un être humain digne de son amour. Le motif de la métamorphose du Monstre en Prince, obtenue grâce à des preuves d'amour de l'être aimé, permet des mises en réseau avec de nombreux contes comme La Princesse Grenouille, Ourson (Comtesse de  SÉGUR), Doucette (GRIMM), voire Le Monstre poilu (BICHONNIER H. ­ PEF ­ Gallimard Jeunesse).
Le conte se prête à des échanges sur le thème de l'exclusion, de la différence et du respect de l'autre. On lira aussi avec profit la première version de La Belle et la Bête, celle de Mme de Villeneuve au début du  XVIIe siècle, mise en image par Étienne Delessert (Grasset ­ coll. Monsieur chat - Il était une fois) dont Mme Leprince de Beaumont s'est directement inspirée.
Enfin, on pourra observer la relation texte/image dans les trois versions, et en particulier les illustrations de Nicole Claveloux, chez Être, où le noir, le blanc et l'argent soulignent la dualité de tous les personnages : jeux de miroirs et d'eau, jeux de perspectives, jeux d'ombres et de lumières, mouvement, dans un monde baroque et fantastique dominé par le regard d'êtres étranges mi-bêtes, mi-humains, où tout se joue des apparences...


Contes berbères de Kabylie

MAMMERI Mouloud ­ Pocket ­ coll. Pocket Junior ­ 5
Difficulté de lecture : niveau 3

Huit contes composent ce recueil ; tous s'ouvrent et se ferment par la formule « Machaho ! », rappelant leur forme orale de transmission. Leur force, la violence des actes rapportés, l'intervention du merveilleux, ne laissent place à aucune demi-mesure. On y retrouvera les structures des contes européens, certains personnages comme les ogres, les oiseaux messagers symboliques (corneille, colombe...), les motifs comme la ruse, des espaces/temps spécifiques, la montagne, la forêt, des pays imaginaires. Cependant, la spécificité de ces contes relève de leur ancrage dans la culture africaine, dans les croyances, les mentalités, les principes moraux particuliers. Ils donnent une réponse à un problème, à un conflit, au sein de la communauté.


Nasr Eddin Hodja, un drôle d'idiot

MAUNOURY Jean-Louis ­ GALERON Henri ­ Møtus ­ 80 pages ­ 12,2
Difficulté de lecture : niveau 3

Nasr Eddin Hodja est un personnage du folklore traditionnel du Moyen-Orient, que l'on retrouve de l'Afrique du Nord jusqu'à la Chine, en passant par l'Égypte, la Syrie, la Turquie. Son nom peut changer : les Afghans et les Iraniens l'appellent Mollah Nasr Eddin, les Turcs, Nasr Eddin Hodja, on trouvera aussi Ch'ha, Goha, Djeha, Srulek, ou encore Effendi... Il est parfois prêtre, rabbin ou mollah, mais les histoires sont semblables.
Ce recueil comprend une sélection d'histoires courtes ; toutes donnent en première impression un sentiment d'absurdité, d'ineptie. Mais l'accumulation des situations problématiques dans lesquelles agit Nasr Eddin Hodja interroge le lecteur : comment un personnage ordinaire aurait-il agi ? Comment fait Nasr Eddin Hodja pour se sortir toujours d'affaire ? C'est qu'il enfreint les règles de la logique (la vente du cheval : il se demande comment il va pouvoir vendre la moitié d'un cheval puisqu'il vient de casser son prix de moitié !). Il bouscule la raison, la religion, renverse l'ordre établi, fait l'idiot bien plus qu'il ne l'est.
C'est donc un autre usage du langage que les jeunes lecteurs vont découvrir à travers ce personnage hors du commun, une autre posture de lecture, plus ouverte, acceptant une déstabilisation provisoire, les fausses pistes, la surprise. On pourra compléter cette expérience par la lecture du recueil Sagesses et malices de Nasreddine le fou qui était sage (Albin Michel). Puis, les élèves pourront collecter les diverses formes de « sagesse », les différents « sages » qu'ils auront pu rencontrer dans leurs lectures, sous la forme d'anthologies.
On représente généralement Nasr Eddin Hodja à califourchon sur son âne ; Henri Galeron n'a pas fait ce choix, il a plutôt illustré les situations -- « les poissons », « le verre de thé », « la prévoyance d'Allah » --, en cultivant leur côté surréaliste. Ces images demandent à être interprétées, elles susciteront échanges et commentaires dans la classe.


La diablesse et son enfant

NDIAYE Marie ­ NADJA ­ École des loisirs ­ coll. Mouche ­ 6
Difficulté de lecture : niveau 2

La diablesse va de maison en maison, réclamant son enfant, qu'elle a perdu. Mais dès qu'on s'aperçoit qu'au lieu de pieds, la diablesse a des sabots, comme ceux d'une chèvre, les portes se referment, on éteint la lumière et on tremble dans le noir. La diablesse se souvient que, du temps où son enfant était présent, elle n'avait pas des sabots, mais des pieds. Elle vivait aussi dans une maison qui a disparu, et elle s'est réfugiée dans la forêt. Finalement, la diablesse décide de prendre pour enfant le premier qu'elle rencontrera. C'est une petite fille aux pieds difformes, chassée par les villageois persuadés que les « petits pieds mal formés vont tourner en sabots ». La petite fille accepte la diablesse comme mère et, soudain, les sabots de cette dernière redeviennent des pieds, tandis que sa maison réapparaît.
Cette histoire étrange, écrite simplement, peut aisément être mise en voix par les enfants, et donner lieu à un spectacle. Le thème de la différence peut être exploité, et le récit servir de support à la création de textes sur le thème de la quête d'un être aimé.


Le Rat célibataire, et autres contes de Côte-d'Ivoire

OBIN Manfeï ­ JOLIVET Joëlle ­ Syros Jeunesse  ­ coll. Paroles de conteur ­ 160 pages ­ 10,5 €
Difficulté de lecture : niveau 3

Cet ouvrage rassemble quatre contes de tradition orale de Côte-d'Ivoire, histoires sur le sens du partage, la solidarité, l'égoïsme, le mensonge, la calomnie. Ce sont autant de thèmes qui peuvent être étudiés en comparaison avec d'autres écrits, notamment avec certaines fables de La Fontaine.


La Barbe-Bleue

PERRAULT Charles
Difficulté de lecture : niveau 3

• La Barbe-Bleue ­ PERRAULT Charles  ­ ill. CLAVERIE Jean ­ Gallimard Jeunesse ­ coll. Folio cadet bleu ­ 1993 ­ 5,5 €
• La Barbe-Bleue ­ PERRAULT Charles  ­ ill. CLAVERIE Jean ­ Albin Michel Jeunesse ­ 1991 ­ 2000 ­ 13 €
• La Barbe-Bleue ­ PERRAULT Charles  ­ ill. DELACROIX Sibylle ­ Casterman ­ 2000 ­ 13,57 €
• La Barbe-Bleue ­ PERRAULT Charles  ­ ill. BATTUT Eric ­ Bilboquet ­ 2000 ­ 39 pages ­ 13


Un homme tue ses épouses l'une après l'autre pour les punir de leur désobéissance et de leur curiosité. On pourra observer comment le suspense, savamment entretenu par Perrault, est servi au mieux par les différents illustrateurs. Ainsi chez Jean Claverie, l'illustration en double page des deux coups de théâtre, la macabre découverte et l'arrivée des sauveurs, précède le texte lui-même et joue des tons glacés de bleu, des effets de plongée et de contre-plongée, d'ombre et de lumière, d'effets de symétrie. Enfin, on peut faire jouer l'intertextualité et comparer le texte de Perrault avec celui d'autres versions proches de ce conte, comme L'Oiseau d'Ourdi des Frères Grimm (Grasset) ou La Barbe-Bleue de Bruno de la Salle (Casterman). Enfin, l'épilogue et les deux morales contradictoires qui suivent le conte pourront être source de débat quant à la représentation de la femme, hier et aujourd'hui.


Cendrillon

PERRAULT Charles
Difficulté de lecture : niveau 1

• Cendrillon ­ PERRAULT Charles ­ ill. INNOCENTI Roberto ­ Grasset Jeunesse ­ coll. Monsieur Chat-Il était une fois ­ 1983 ­ 2001 ­ 32 pages ­ 12,10


Une seule version intégrale de ce conte
de Charles Perrault est actuellement dis-
ponible.
Il était une fois Cendrillon, orpheline constamment humiliée par sa marâtre et ses filles. Grâce à sa marraine, la fée, elle finit par prendre sa revanche et épouser le Prince charmant.
Le conte se prête particulièrement à la lecture à haute voix. La version de Perrault est à mettre en relation avec celle de Grimm, empreinte de christianisme, dans laquelle la punition des méchants est confiée aux colombes, représentantes de Dieu. Les illustrations d'Innocenti transposent le conte dans l'Angleterre post-victorienne des années 20. La douce Cendrillon triomphe, mais l'image de cette jeune femme, à la dernière page du conte de fées, qui fume d'un air nostalgique, l'album de mariage sur les genoux, entourée de bouteilles vides et de fleurs fanées, pourra interroger les lecteurs et susciter le débat. La mise en réseau du conte avec d'autres permettra d'explorer le thème des métamorphoses, ou des personnages archétypes comme la marâtre, la fée-marraine et le prince charmant.


Contes de la forêt vierge

QUIROGA Horacio ­ LOUSTAL ­ Seuil Jeunesse ­ 136 pages ­ 12,93 €
Difficulté de lecture : niveau 1

Ces huit contes d'Argentine présentent les caractéristiques des fables : ils mettent en scène l'Homme, dans ses relations avec les animaux anthropomorphisés. Une lecture ou relecture complémentaire de fables ou de romans animaliers pourra s'envisager dans le but de constituer des anthologies à partir de supports papier, audio ou informatique, accompagnés ou non d'images : les textes pourront y être classés selon les goûts de chacun, selon les messages implicites ou explicites que les lecteurs y trouveront.


La montagne aux trois questions

T
ANAKA Béatrice ­ CHEN Jiang Hong ­ Albin Michel Jeunesse ­ coll. Petits contes de sagesse ­ 48 pages ­ 6,86 €
Difficulté de lecture : niveau 1


Un jeune homme très laid entreprend l'ascension d'une montagne merveilleuse pour y apprendre de trois génies la raison de sa disgrâce. Mais, oubliant sa préoccupation personnelle, ce sont finalement les questions dont ses « passeurs » l'ont chargé qu'il pose. Il redescend, dénoue leur malheur grâce aux réponses obtenues, et finit par rencontrer l'amour et le succès malgré une laideur maintenant acceptée. Ce conte merveilleux s'inscrit dans toute la tradition transculturelle des questions posées aux divinités, illustrée par Les Plumes du dragon, par exemple. Il sera intéressant de mettre au jour cette tradition par un travail de mise en réseau.
Le thème de la laideur peut solliciter la culture des élèves et permettre d'opposer le motif ici illustré de l'intelligence et de la beauté morale, comme dans Riquet à la Houppe de Perrault, à celui de la laideur provisoire, comme dans Le Vilain Petit Canard d'Andersen. On peut aussi mettre en valeur le motif du dépouillement, du renoncement à la puissance, qui amène à une conquête plus intime et rend, du coup, possible l'accès à une puissance mesurée. Le livre vaut aussi par la construction progressive d'un univers étouffant, composé de terre, d'air et d'eau, avant que s'allume in fine le feu du regard de la bien-aimante. Les illustrations inspirées des maîtres orientaux des techniques d'encre ajoute à cette atmosphère.
La comparaison avec d'autres titres de la collection permettra de mieux définir ce qu'est un « conte de sagesse ».


Sindbad le marin

Difficulté de lecture : niveau 3

• Histoire de Sindbad le marin ­ ill. DULAC Edmond ­ trad. GALLAND Antoine ­ Corentin ­ coll. Les belles images ­ 1994 ­ 18,14
Histoire de Sindbad le marin ­ ill. DORÉ Gustave ­ trad. GALLAND Antoine ­ Gallimard Jeunesse ­ coll. Folio cadet ­ 1999 ­ 154 pages ­ 4,60
• Histoire de Sindbad le marin ­
trad. GALLAND Antoine ­ Librio ­ 2000 ­ 1,52
Sindbad le marin ­ ill. LE FOLL Alain ­ trad. NOËL Bernard ­ Acte Sud junior ­ coll. Les grands livres ­ 1998 ­ 10,52
Sindbad le marin ­ ill. PAYET Jean-Michel ­ trad. R. KHAWAM René ­ Casterman ­ coll. Epopée ­ 1999 ­ 6,40
Sindbad le marin ­ ill. KREJCOVA Zdenka ­ D'après trad. GALLAND Antoine ­ Gründ ­ coll. Contes et fables de toujours ­ 1999 ­ 7,90

Sindbad le marin est extrait des Mille et Une Nuits, histoires racontées par Shéhérazade, la fille du Grand Vizir, pour sauver sa tête.
Toutes les versions proposées ne rapportent pas le dispositif énonciatif à l'oeuvre : Shéhérazade raconte l'histoire de Sindbad, Sindbad raconte lui-même ses sept voyages à Hindbad. Bernard Noël a pris le parti de rassembler ces récits en un seul texte, avec les planches à l'encre d'Alain Le Foll. Dans le Folio cadet Gallimard, les sept voyages sont illustrés par les planches de Gustave Doré (XIXe siècle). Lire Sindbad, c'est d'abord lire plusieurs versions, sachant que ce sont toujours des traductions, des réécritures d'une partie d'une oeuvre anonyme, issue de traditions orales, qu'on n'a jamais fini d'explorer.
En classe, les histoires de Sindbad ouvrent plusieurs pistes de lecture : le merveilleux, le personnage sage, le voyage et l'aventure (scènes prototypiques du naufrage, de la tempête).
Selon la piste suivie, les élèves constitueront des réseaux de livres : la forme épopée -- L'Odyssée, L'Épopée du Roi-Singe -- permettra de retrouver des personnages ou des récits de sagesse ; avec les robinsonnades et la littérature de voyage, ce sont les scènes prototypiques et des lieux mythiques, comme l'île, qui seront soumis à l'interprétation des jeunes lecteurs ; avec les personnages monstrueux, c'est l'univers du conte qui sera convoqué dans la mémoire du lecteur.
Restera pour chacun à expliciter son parcours de lecture, à en baliser les étapes, à en communiquer les méandres, à emprunter des voies proposées par d'autres, car les aventures de Sindbad offrent une ouverture suffisante pour supporter des relectures toujours nouvelles.


Contes russes

Difficulté de lecture : niveau 2

Éditions en français traduites d'une autre langue que le russe :
• Machenka et l'ours, et autres contes russes ­ CLÉMENT Claude ­ ill. MULLER Hélène ­ Syros Jeunesse ­ coll. Paroles de conteurs ­ 2001 ­ 236 pages ­ 15
Contes russes : les fileuses d'or ­ PASSARET Anne-Marie ­ ill. GAY Michel ­ École des loisirs ­ coll. Neuf ­ 2001 ­ 8
Contes russes ­ ill. GIANNINI Giovani ­ Lito ­ 1997 ­ 119 pages ­ 10,37
Pomme mûre et plat d'argent : contes russes ­ ill. KONDAKOVA Olga ­ Radouga ­ 1990 ­ 77 pages ­ 10,67
Éditions en français traduites du russe : Contes russes ­ ill. BILIBINE ­ trad. et adapt. SCHNITZER Luda ­ Sorbier ­ coll. Légendes
­ 2001 ­ 80 pages ­ 22,71
Contes populaires russes : extraits ­ AFANASSIEV Alexandre ­ ill. KOURKINE A. ­ trad. LUSTERNIK Harold ­ Radouga ­ 1987 ­ 173 pages ­ 10,67
• La petite maisonnette : contes populaires russes où l'on parle des animaux ­ Racontés par TOLSTOÏ Alekseï ­ ill. RATCHEV
E. - trad. KARKOVSKI Alexandre-BENECH Maryse ­ Radouga ­ 1984 ­ 76 pages ­ 6,86

Il existe plusieurs recueils de contes russes dans l'édition pour la jeunesse. Beaucoup d'écrivains russes connus ont écrit des contes ou adapté des contes populaires : Tolstoï, Gogol, Tchekhov, Pouchkine, Afanassiev...
On préférera une édition proposant une traduction de contes écrits par des auteurs russes, plutôt qu'une re-création française, qui conserve moins les caractéristiques initiales du conte russe. Les contes russes mélangent souvent le merveilleux, l'insolite, et une forme de dérision dans le ton. On peut fréquemment les utiliser en réseau avec des histoires humoristiques.
Cependant, une sorcière célèbre hante aussi les contes russes, la Baba Yaga, et on ne l'omettra pas pour étudier le thème des sorcières.
Chaque culture propose un type de contes différent. En comparant ces contes russes à ceux de Perrault, d'Andersen, aux contes arabes ou asiatiques, les enfants découvriront ces divers types.


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